LA VIE DES RÉGIONS
Philippe Martin
14/07/2020
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Le sondage du Sénat confirme celui de Régions Magazine

Oui, les Français veulent davantage de décentralisation : un travail lancé par le Sénat le confirme encore.

Au mois de décembre dernier, Régions Magazine publiait dans ses colonnes un sondage exclusif réalisé avec Harris Interactive, et qui avait à l’époque fait un certain bruit. Il en ressortait notamment une forte volonté de décentralisation de la part des Français, en particulier s’agissant des Régions.

« Qu’il s’agisse de transports, du soutien à l’agriculture, de transition énergétique, de développement économique ou de formation continue, écrivions-nous à l’époque, le sondage est très clair : neuf Français sur dix souhaitent que l’on donne davantage de pouvoirs aux Régions, dans les compétences qui sont déjà les leurs.

A noter aussi que 89 % des sondés souhaitaient que l’on donne davantage de moyens aux régions pour faire participer les citoyens à la prise de décisions. »

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Ce sondage a été très largement confirmé par le travail lancé par le Sénat et son président Gérard Larcher : pour préparer un nouvel acte de la décentralisation, la délégation du Sénat aux collectivités territoriales, présidée par le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel (Union centriste), a en effet confié à l’institut de sondage CSA une enquête auprès du grand public sur la perception par les Français de la décentralisation et de l’action publique locale, dont nous publions ici les résultats.

Parmi les apports essentiels de l’enquête, les Français jugent l’organisation territoriale peu lisible et souhaitent quasi unanimement la réformer (95 %). Ils attendent que les différents échelons institutionnels et, en particulier, l’État, s’engagent davantage dans la réduction des inégalités entre territoires. La poursuite du processus de décentralisation est perçue par 3 Français sur 4 comme « une bonne chose », notamment pour renforcer la proximité des pouvoirs de décision, la différenciation des compétences entre territoires et l’efficacité de l’action locale. À 68 %, ils se disent favorables à ce que les lois nationales puissent être adaptées aux spécificités locales.

L’organisation territoriale est jugée peu lisible : 65 % des Français ne jugent « pas claire » la répartition des rôles et des compétences entre l’État et les collectivités territoriales. Seule la commune sort du lot, avec 61 % des sondés qui estiment bien connaître son domaine d’action. Aucun des autres échelons publics (État, département, région) ne dépasse les 50 %, l’intercommunalité fermant la marche à 33 %. Le rôle de l’État est toujours jugé prépondérant pour l’enseignement supérieur, la protection du patrimoine, l’environnement, la sécurité et l’emploi. Toutefois, la Région est attendue sur l’enseignement supérieur, ou sur les compétences plus traditionnelles que sont le tourisme, le développement économique et l’aménagement du territoire, ce qui, là encore, confirme le sondage de Régions Magazine. Sans surprise, les départements sont jugés comme l’échelon le plus pertinent pour l’entretien des routes, l’action sociale et la prise en charge des personnes dépendantes.

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3 Français sur 4 estiment que la décentralisation est « une bonne chose » et souhaitent la renforcer.

Les pouvoirs publics sont perçus par 73 % des Français comme insuffisamment engagés dans la réduction des inégalités entre territoires. En tête des services publics locaux prioritaires figurent la sécurité (35 %), la gestion des déchets (29 %), la protection de l’environnement, l’entretien des routes et l’organisation des transports publics, devant la prise en charge des personnes dépendantes, le logement et l’enseignement primaire.

3 Français sur 4 estiment que la décentralisation est « une bonne chose » et souhaitent la renforcer pour davantage de proximité entre les décisionnaires et les citoyens, mieux s’adapter à la spécificité des territoires et « gagner du temps » dans les processus de décision. À 68 %, ils se disent favorables à ce que les lois nationales puissent être adaptées aux spécificités des territoires, en particulier chez les plus jeunes (moins de 35 ans) et chez les habitants de l’Est et du Sud. Si la quasi-totalité des Français (95 %) exprime une volonté de changement de l’organisation territoriale actuelle, les avis divergent sur la méthode à adopter : 40 % souhaitent une réforme en profondeur alors que 55 % se prononcent pour une adaptation de l’organisation sans « transformation radicale ».

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