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Philippe Martin
13/04/2020
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Autour du bassin les œuvres bénéficient d’un écrin exceptionnel.

Ce musée où l’on aime plonger

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En quelques années, La Piscine à Roubaix est devenue un « must », qui dépasse largement les frontières des Hauts-de-France. Visite guidée… malgré la fermeture due au confinement.

Bien sûr, pour découvrir, ou redécouvrir le Musée de la Piscine, son cadre unique, ses étonnantes expositions et son extension, il vous faudra attendre la fin du confinement et la réouverture. Mais le Musée vous propose pour vous faire patienter une visite virtuelle. Et Régions Magazine vous raconte son histoire, et donne la parole à son conservateur Bruno Gaudichon.

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Crédit Roubaix – La Piscine. Architectes : A. Baert, 1932 – J.P. Philippon, 2001 et 2018. Photo : A. Leprince La salle des sculptures, une des nouveautés liées à l’agrandissement.

Plus que tout autre peut-être, ce musée-là est d’abord le fruit d’un combat. Celui mené par André Diligent, sénateur-maire de Roubaix de 1983 à 1994. Lorsqu’au milieu des années 80 l’ancienne piscine Art Déco de la ville, inaugurée en 1932 et fermée en 1985 en raison de la fragilité de sa voûte, est menacée de démolition, l’élu centriste oppose un « non » catégorique à ce projet destructeur.

C’est que l’établissement, aujourd’hui inscrit au patrimoine du XXème siècle, apparaît comme le symbole d’une vie collective riche et foisonnante, d’un formidable brassage social où pendant des décennies, des générations de Roubaisiens et d’habitants de la région sont venus se baigner ou faire du sport sous la vaste nef éclairée de vitraux. C’est pourquoi le projet de le transformer en un « musée solidaire », d’abord considéré comme loufoque, va vite emporter l’adhésion des habitants, puis du monde culturel. La rencontre avec le brillant architecte Jean-Paul Philippon, chargé de la réhabilitation, puis avec le non moins brillant conservateur Bruno Gaudichon, toujours en poste aujourd’hui, va transformer le pari fou en une réussite exemplaire.

L’idée de conserver le bassin en eau et de l’entourer de sculptures, mais aussi d’y installer les œuvres de l’ancien Musée industriel de Roubaix, le soutien de la très dynamique Société des Amis du Musée, génèrent un succès qui ne se dément pas depuis l’ouverture en octobre 2001. A tel point que, victime de son succès, le bâtiment est vite devenu trop petit : il a fallu se résoudre à une extension, avec à la clef 18 mois de travaux et six mois de fermeture. Comment Le Musée de la Piscine se porte-t-il depuis sa réouverture en octobre 2018 ? Réponse avec Bruno Gaudichon (interview réalisée avant la fermeture liée au confinement).

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Bruno Gaudichon, conservateur du Musée La Piscine depuis son ouverture. Créditphoto Ph. Chancel La région des Musées

Régions Magazine : Quel bilan dressez-vous 18 mois après l’extension ?

Bruo Gaudichon : Je crois pouvoir dire que c’est une réussite à tous points de vue. D’abord en ce qui concerne la vie même du Musée. Ave la Grande Galerie de sculptures, avec la salle consacrée au « groupe de Roubaix », ces artistes du Nord qui ont connu un immense succès pendant les trente Glorieuses, avec aussi l’espace réservé à l’histoire de la Ville de Roubaix, nous proposons beaucoup plus de choses à voir. Mais nous le faisons aussi dans de bien meilleures conditions.

La billetterie a été déplacée, certains passages élargis, la circulation des visiteurs est devenue beaucoup plus fluide : certains jours il y avait tellement de monde que l’on n’avançait plus ! En résumé, je dirais : le Musée est plus grand, et l’on s’y promène plus facilement. Je crois que nous avons désormais la « bonne taille », celle qui permet de voir beaucoup d’œuvres, tout en conservant une forme d’intimité avec elles.

Ça, c’est pour le lieu. En ce qui concerne la fréquentation, c’est allé au-delà de nos espérances. Sur les treize derniers mois, nous avons accueilli plus de 300.000 visiteurs, contre 200.000 sur l’équivalent de la période précédente. Mais surtout, après un afflux lié à la réouverture, le nombre de visiteurs n’a pas baissé, il y a toujours du monde, de façon régulière et renouvelée. Je dois quand même rappeler que l’objectif fixé en 2001 était de tenter d’attirer 60.000 visiteurs par an…

J’ajoute que nous avons pu développer d’autres activités. Par exemple, les ateliers de production artistique, ouverts au jeune public, ont été multipliés par deux. Nous bénéficions quand même de 2.300 m² supplémentaires !

RM : Cet indispensable agrandissement a coûté relativement cher. Comment avez-vous fait face à ces dépenses ?

BG : Nous avons été soutenus par les collectivités. La Ville de Roubaix, d’abord, pour qui le Musée de La Piscine constitue un leu qui rayonne énormément vers l’extérieur, au cœur d’une ville très pauvre.

Nous avons également bénéficié d’un concours exceptionnel de la Région des Hauts-de-France, qui a participé à cet effort d’agrandissement, à partir d’une évaluation des coûts supplémentaires, à hauteur de 500.000 €. Je dois dire que nous avons toujours été soutenus par la Région, quand elle s’appelait encore Nord-Pas-de-Calais et aujourd’hui aussi, même si cet effort-là est particulièrement important et bien venu.

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RM : Vous avez de tous temps organisé des expositions qui ont fait date, comme Chagall en 2007, Degas en 2010, Camille Claudel en 2014, plusieurs expositions Picasso… L’agrandissement vous permet-il aussi de multiplier les expositions de grande qualité ?

BG : Oui, nous en avons d’ailleurs plusieurs qui commencent en ce printemps. D’abord Marcel Gromaire, du 14 mars au 31 mai, un peintre des années 1920, originaire du Nord, et dont les œuvres n’avaient pas été réunies depuis 40 ans : la dernière exposition qui lui était consacrée date de 1980 ! (lire en encadré). Il y a aussi Sophie Hong, jusqu’à la fin mai, à travers laquelle le Musée retrouve ses racines textiles puisque cette artiste unique, qui vit entre Taiwan et Paris travaille notamment sur la soie.

Propos recueillis Philippe Martin

 

À la rencontre de Marcel Gromaire

La Piscine – musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix présentera dès sa réouverture une importante exposition monographique consacrée à Marcel Gromaire (1892-1971).  Elle revient sur les racines et les sources de l’artiste, son attachement à son village natal de Noyelles-sur-Sambre, dans le Nord. Elle s’attache aussi à la marque du traumatisme de la Grande Guerre et exprime un message artistique très singulier, ses connexions avec l’art nègre ou avec l’art roman et gothique

Avec plus de 150 prêts, sont évoqués les apports de Marcel Gromaire à la peinture de son temps, mais aussi au livre illustré, à l’estampe contemporaine, au renouveau de la tapisserie et du décor monumental. Les chefs-d’œuvre tels que La Guerre ou Place blanche sont confrontés à des œuvres inédites ou plus confidentielles.

Renseignements sur les expositions sur roubaix-lapiscine.com

À retrouver également dans le supplément Hauts-de-France de Régions Magazine, en vente actuellement et consultable sur notre site internet.

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