TotalEnergies : « accélérer vers les énergies renouvelables »
Marin de Montbel, directeur général TotalEnergies Renouvelables France, dévoile la stratégie de l’entreprise en matière de décarbonation.
Agnès Morel
Régions Magazine : Parc éolien, centrale photovoltaïque, ombrières solaires… votre Compagnie a multiplié les inaugurations de nouvelles installations cette année. Vous n’êtes plus seulement un acteur pétrolier et gazier ?
C’est vrai ! Et en début d’année sera encore inauguré un nouveau parc solaire de 50 MW près de Valenciennes. TotalEnergies, qui était un « pure player » pétrole et gaz a en effet opéré une vraie transition, pour devenir multi énergies, et développer les énergies bas-carbone. En France, les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 670 sites solaires, éoliens ou hydrauliques ce qui nous permet d’atteindre aujourd’hui plus de 2 GW de puissance électrique renouvelable installée. C’est l’équivalent des besoins annuels en électricité de 1,8 million de Français !

Nous investissons chaque année en France près de 400 millions d’euros dans le secteur. Ainsi 250 à 300 mégawatts supplémentaires sont mis en opération annuellement, ce qui place TotalEnergies dans le top 3 français des acteurs en la matière !
RM : Quels nouveaux projets allez-vous annoncer pour 2025 ?
L’année 2025 succédera à 2024, avec autant d’inaugurations ! Nous aimerions aller plus vite et investir massivement : il y a plus de 2 GW en cours d’instruction, pour lesquels nous attendons les autorisations administratives. Ce n’est pas faute d’ambition – nous avons les capacités d’investissement – mais cela prend du temps : il faut compter, en France, 5 ans à 7 ans pour monter un projet solaire et 10 à 12 ans pour un projet éolien.
RM : En quoi cela correspond-il aux objectifs de la France qui se doit de développer les énergies renouvelables pour respecter ses engagements ?
La France a un objectif important en matière de transformation de son mix énergétique, ce qui devrait nous permettre d’accélérer le développement des énergies renouvelables. C’est la vocation de notre Compagnie d’y participer, d’autant que, vis-à-vis de ses concurrents, TotalEnergies a un atout majeur : nous sommes un acteur de proximité.
Tous les Français utilisent notre énergie pour se déplacer ou se chauffer depuis des années – ce qui nous permet de les connaitre. Nos activités renouvelables disposent de 21 agences sur le terrain ce qui permet de travailler avec les élus locaux, afin de prendre en considération les enjeux du territoire et ainsi mener à bien des projets de production d’énergie renouvelable qui ont réellement du sens.
RM : Vents de Moivre, votre plus grand parc éolien, est le fruit d’une collaboration avec 7 communes et 2 agglomérations. En 2025, les collectivités, dont le budget est réduit, seront-elles au rendez-vous ?
Lorsque TotalEnergies installe et exploite un parc éolien, cela crée des emplois et apporte des ressources au territoire, sous forme de loyers ou d’impôts, sans compter l’énergie proposée à prix compétitif aux administrés. Les collectivités ne peuvent pas les développer – et la France remplir ses objectifs – sans faire appel à des acteurs privés.
Aujourd’hui aucun territoire n’est à l’arrêt : tous ont pris conscience de l’importance de la transition énergétique pour la France, mais certaines régions, c’est vrai, vont plus vite que d’autres. A nous de nous adapter aux caractéristiques de chaque territoire.
RM : Est-ce que TotalEnergies souffre parfois d’une mauvaise image ?
Nous travaillons tous nos projets avec les élus et les territoires. Dans l’espace rural, l’un des acteurs importants du développement des énergies renouvelables est le monde agricole. L’agrivoltaïsme est une solution que nous allons développer grâce à notre centre d’expertise international, Ombrea.
Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs chambres d’agriculture et collectivités territoriales, dans l’objectif de pouvoir installer d’ici 2030, 1 GW grâce à des projets d’agrivoltaïsme. Je reviens tout juste de Guadeloupe, où nous avons signé un partenariat en vue de relancer une filière de production de café, qui s’était fragilisée au cours de l’Histoire. L’idée : équiper les terrains agricoles d’ombrières solaires, afin de protéger l’exploitation. Ces projets permettraient de développer et pérenniser l’activité d’agriculteurs locaux.
RM : TotalEnergies a annoncé de nouveaux investissements dans des projets d’énergie fossile. Les énergies renouvelables sont-elles si importantes ?
La Compagnie investit chaque année 5 milliards, dans le monde, dans l’énergie bas-carbone, dont 400 millions en France. En France, le développement des énergies renouvelables peut se confronter par exemple à des délais administratifs ou des recours intentés. Si nous pouvions aller plus vite, nous le ferions. Enfin, notre vision repose sur un modèle multi énergies, nous ne les opposons pas entre elles mais cherchons le bon mix pour proposer des solutions énergétiques durables qui répondent aux besoins de nos clients. Pour cette raison, du fait du caractère variable de l’énergie éolienne et solaire, nous voyons notamment le gaz comme un complément des renouvelables.
Propos recueillis par Agnès Morel
Lire la suite de l’interview dans le n°173 de Régions Magazine, actuellement en kiosque.



