Quand l’Europe trouve des solutions
Philippe Martin
Avec leurs Trophées “L’Europe des solutions”, la Banque Européenne d’Investissement et Régions Magazine ont mis à l’honneur des collectivités particulièrement innovantes en faveur du bien commun.
« La BEI, qu’on appelle aussi Banque verte de l’Europe, porte financièrement les régions, les collectivités, les entreprises qui investissent et qui innovent dans toute l’UE, et bien sûr à travers la France. Mais on ne le sait pas assez, sans doute parce qu’on ne le dit pas suffisamment », écrivions-nous dans notre supplément “spécial Europe” de décembre dernier.

D’où l’idée pour la BEI de créer, en collaboration avec notre revue Régions Magazine, un Trophée justement intitulé “L’Europe des solutions”, récompensant chaque année trois initiatives portées par une collectivité et facilitées par la BEI. « C’est une façon de sensibiliser le citoyen français à ce que l’Europe lui apporte de positif dans sa vie quotidienne, affirmait Grégoire Chauvière Le Drian, directeur du bureau français de la Banque Européenne d’Investissement, dans des domaines aussi variés que les transports, le soutien aux entreprises ou la formation ».
Un trophée qui a trouvé son épilogue lors d’une remise organisée au siège du groupe Acteurs Publics, en présence d’Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI. Trois collectivités ont été mises à l’honneur lors de cette cérémonie.
Grand Est, Occitanie, Ville de Marseille : un palmarès et des projets variés
A commencer par la Région Grand Est, récompensée pour le “prêt participatif Grand Est”, formidable accélérateur de développement pour les PME, un dispositif innovant qui facilite l’accès aux financements. Avec à la clef des prêts pouvant atteindre 500.000 €, un remboursement différé de 2 à 5 ans, et une garantie régional susceptible de couvrir jusqu’à 80 % du montant. Plus de 500 entreprises en ont déjà bénéficié.

Pour Anne Sander, conseillère régionale et présidente de la commission Tourisme à la Région Grand Est, « nos entreprises avaient besoin d’un outil très flexible, très facile d’accès, sans faire de choix sectoriel car nous finançons tous les projets, de l’industrie au tourisme, avec un effet-levier particulièrement important : un euro investi pour le prêt permet de lever six euros ».
« Cela veut dire aussi que dans notre région, nous avons des entreprises dynamiques, qui ont énormément de projets, et des acteurs publics, comme la Région ou la BEI, qui font avancer ensemble un territoire aujourd’hui classé comme le 3ème de France en termes d’investissements étrangers. »
Deuxième trophée, remis à la Région Occitanie pour ses investissements dans une nouvelle génération de TER plus modernes, moins énergivores, plus confortables et capables de répondre à la hausse de fréquentation. Avec à la clef l’acquisition de 39 rames, électriques, à hydrogène, ou encore hybrides, et la rénovation de rames existantes.
La BEI a mis 400 M€ sur la table. Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des transports et mobilités, « c’est le pari de l’innovation, celui de partir sur le financement des trois solutions possibles, hybride, batteries, hydrogène. Et une démarche d’ingénierie financière originale, via la société publique interrégionale d’investissement lancée avec la Région Nouvelle-Aquitaine, la Région Centre-Val de Loire et bientôt la Région Bretagne ».

« Aujourd’hui le train hybride circule déjà sur la périphérie de Toulouse, le train à batteries arrive fin septembre, le train à hydrogène arrivera courant 2027. Nous comptons bien que ce mix énergétique réponde aux attentes des territoires et des usagers ».
Troisième projet, celui de la Ville de Marseille qui a entrepris de rénover près de 500 de ses écoles, un chantier gigantesque destiné à offrir de meilleures conditions de travail et de vie aux petits Marseillais. A la clef, 425 M€ accordés par la BEI, le plus important investissement consenti par la Banque verte de l’Europe à des établissements scolaires, sur un budget global d’1,5 Md€.
« Souvenez-vous du titre de Libération parlant de nos écoles : la honte de la République », a rappelé William Leday, conseiller municipal délégué aux Fonds européens à la Ville de Marseille.
« Un chantier d’ampleur, la Ville à l’initiative, l’Etat en soutien et l’Europe en renfort via la BEI. Une première vague s’achève aujourd’hui avec 27 écoles rénovées, une deuxième suit avec 81 établissements. Au total 188 écoles, 30.000 élèves sur 80.000 seront concernées et auront les mêmes chances pour faire leurs études. D’ici quelques années, nous aurons réparé une injustice après des décennies d’abandon ».
Des écoles rénovées, des trains modernes, des entreprises qui se développent : oui, décidément, l’Europe sert, pour peu que l’on sache s’en servir.
« Améliorer la vie quotidienne des Européens »
RM : Comment-pouvez-vous résumer ces trois projets ?
Ambroise Fayolle : Trois projets de natures très différentes, mais qui ont quelque chose en commun, c’est que l’Europe est là pour améliorer la vie quotidienne des Européens. Qu’il s’agisse de la compétitivité des entreprises, des usagers des transports publics ou de jeunes élèves qui pourront travailler dans de meilleures conditions. Nous voulons aider les Européens à mieux vivre et à être plus compétitifs.
Tous les projets que nous avons soutenus, et je remercie les différentes collectivités concernées de nous avoir fait confiance, répondent vraiment à ce que nous souhaitons réaliser.
L’intégralité de la remise des Trophées sur Régions Magazine TV :



