« Oui à l’Ukraine, non à la baisse des fonds de cohésion ! »
Pour venir au secours de l’Ukraine abandonnée par les États-Unis face à l’agresseur russe, l’Union européenne va devoir trouver des fonds, et non des moindres, afin d’augmenter sa participation militaire au conflit.
La présidente de la Commission, l’Allemande Ursula Von der Leyen, a proposé toute une série de mesures, notamment de recourir aux fonds de cohésion.
Philippe Martin
« Nous proposerons des incitations supplémentaires aux États membres qui décideront, s’ils veulent utiliser les programmes de la politique de cohésion, d’augmenter leurs dépenses de défense », a notamment déclaré Ursula Von der Leyen.
La réponse du Comité européen des Régions, grand défenseur des fonds structurels, n’a pas tardé, par l’intermédiaire de sa nouvelle présidente la Hongroise Kata Tütto.
L’Europe a besoin des fonds de cohésion
« En ces temps géopolitiques incertains, l’Europe doit rester unie dans son soutien indéfectible à l’Ukraine, a-t-elle lancé, pour préciser aussitôt : « La sécurité est un besoin humain fondamental, mais elle ne se limite pas à la défense militaire. Elle englobe des dimensions économiques, sociales, environnementales, sanitaires, institutionnelles et de cybersécurité. La politique de cohésion joue déjà un rôle dans ce cadre de sécurité plus large : elle investit dans la protection des infrastructures critiques, la préparation aux situations d’urgence et le renforcement de la résilience des communautés face aux crises, qu’elles soient dues à la guerre, au changement climatique ou à des cyberattaques.
« détourner les fonds de la cohésion serait une erreur catastrophique »
Mais nous devons être clairs : détourner les fonds de la cohésion serait une erreur catastrophique. L’Europe a besoin des deux. En affaiblissant la cohésion, on affaiblit la capacité de l’Europe à maintenir ses régions fortes et résilientes face à une instabilité croissante. Le débat ne doit pas porter sur la réaffectation des fonds existants, mais sur l’obtention de nouvelles ressources pour préserver la sécurité de l’Europe dans toutes ses dimensions. »
Un débat qui n’a pas fini de rebondir dans les semaines et les mois qui viennent.
