La protection sociale complémentaire des agents territoriaux : un levier politique majeur au service de l’attractivité et de la performance publiques locales
Régions Magazine X Intériale : Voilà bientôt sept ans que la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique a posé un principe clair : garantir à l’ensemble des agents publics un accès effectif à une protection sociale complémentaire en santé et en prévoyance.
Gilles Bachelier - Président de la mutuelle Intériale et du Continuum Lab
Ce principe a d’abord trouvé sa traduction opérationnelle dans la fonction publique de l’État. Les textes adoptés fin 2025 et leurs futurs décrets d’application viennent désormais organiser sa généralisation dans la fonction publique territoriale, avec une étape décisive : la mise en place, à compter du 1er janvier 2029, d’une couverture de prévoyance obligatoire pour tous les agents territoriaux.
En matière de complémentaire santé, le législateur a fait le choix de la responsabilité locale. Il appartient à chaque collectivité, dans le cadre du dialogue social, de définir la solution la plus adaptée à son organisation et à ses agents : mise en place d’un contrat collectif obligatoire ou maintien du recours à des offres labellisées, avec, dans tous les cas, l’obligation pour l’employeur territorial de participer financièrement à la couverture santé et prévoyance de ses agents.
Loin d’être une contrainte technique supplémentaire, cette réforme ouvre une véritable fenêtre politique et managériale pour les élus locaux : celle de repenser en profondeur le pacte social territorial qui lie la collectivité à ses agents.
Faire de la PSC un choix politique assumé
Dans un contexte de fortes tensions sur les recrutements, de concurrence accrue entre employeurs publics et privés et d’exigences croissantes de continuité du service public, la protection sociale complémentaire constitue un levier stratégique au service de l’attractivité des collectivités Proposer à ses agents des garanties solides en santé et en prévoyance, soutenues financièrement par la collectivité, n’est plus un avantage accessoire : c’est désormais un marqueur de l ’engagement de l’employeur public local.
C’est aussi un outil puissant de fidélisation. Un agent qui se sait protégé face aux aléas de la vie – maladie, invalidité, accident, décès – est un agent qui s’inscrit dans la durée, qui développe un sentiment d’appartenance et qui renforce la stabilité des équipes. Dans un secteur où l’expérience et la qualification sont essentielles à la qualité du service rendu aux citoyens, cette dimension est déterminante.
Enfin, la protection sociale complémentaire peut devenir un levier structurant de qualité de vie au travail, à condition d’être pensée comme un élément à part entière de la politique RH et non comme un simple dispositif assurantiel. Articulée avec une démarche de prévention des risques professionnels, de santé au travail et de dialogue social, elle contribue à réduire l’absentéisme, à prévenir l’usure professionnelle et à renforcer l’efficience de l’action publique locale.
Vers un nouveau contrat social territorial
Au-delà des échéances réglementaires, la généralisation de la PSC dans la fonction publique territoriale constitue une opportunité unique : celle de bâtir un nouveau contrat social territorial, fondé sur la reconnaissance, la protection et la responsabilité partagée.
Ce nouveau contrat ne se résume pas à une norme juridique supplémentaire. Il traduit une promesse politique et managériale, portée au plus haut niveau de la collectivité, affirmant que la performance du service public local passe par la considération accordée à celles et ceux qui le font vivre au quotidien.
Pour les élus locaux, il s’agit d’un choix stratégique : assumer pleinement leur rôle d’employeur public, dans un cadre budgétaire contraint mais avec une vision de long terme, au service à la fois de l’attractivité des territoires et de la qualité des services rendus aux administrés.
Le Lab du nouveau contrat social territorial : un espace de réflexion au service des décideurs locaux
C’est pour accompagner les élus et les dirigeants territoriaux dans cette transformation que sera dévoilé, le 9 juin, le Lab du nouveau contrat social territorial. Créé par Régions Magazine (groupe Acteurs publics) avec le soutien du groupe INTERIALE, il sera dédié aux enjeux de la protection sociale complémentaire et au pilotage stratégique des ressources humaines des collectivités territoriales.
L’ambition du Lab est claire : devenir un lieu de référence pour la réflexion, l’expérimentation et le partage d’expériences entre élus, directeurs généraux, DRH et partenaires sociaux. Il s’articulera autour de trois priorités :
- Éclairer le cadre réglementaire, souvent perçu comme complexe, afin d’en restituer la lisibilité et les marges de manœuvre réelles dont disposent les collectivités.
- Valoriser la PSC comme un véritable outil de politique RH, pleinement intégré à une stratégie d’employeur public attractif et responsable.
- Outiller les décideurs locaux, en matière de pilotage, d’indicateurs et de communication, pour leur permettre d’embarquer l’ensemble des parties prenantes dans une démarche cohérente et assumée.
Parce que la réforme de la protection sociale complémentaire ne se limite pas à une question de conformité réglementaire, mais engage profondément l’avenir du service public local, le Lab du nouveau contrat social entend contribuer, aux côtés des élus, à la construction d’un modèle social territorial ambitieux, soutenable et durable.
Gilles Bachelier, président du Groupe INTÉRIALE et du Continuum Lab



