Déserts médicaux : trois nouveaux centres de santé dans la Meuse et les Vosges
Antonin Tabard
Le GIP Santé Grand Est (GIP SAGE) entre dans sa phase opérationnelle. Réunis le 7 octobre à Metz, la Région Grand Est et le Département de la Meuse ont acté la création de cette structure destinée à renforcer l’accès aux soins dans les territoires sous-dotés. Trois premiers centres de santé doivent ouvrir en 2027.
Porté par la Région Grand Est et le Département de la Meuse, membres fondateurs, le GIP SAGE doit salarier directement des médecins généralistes, des infirmiers et des personnels de coordination. Ces professionnels exerceront au sein de centres de santé implantés dans les territoires les plus fragiles.
Le dispositif entend ainsi proposer une alternative à l’installation en libéral. Le GIP prendra notamment en charge les conditions matérielles et administratives nécessaires à l’exercice des professionnels de santé : gestion des locaux et des ressources, secrétariat, facturation ou encore gestion comptable. L’objectif est de permettre aux médecins de consacrer l’essentiel de leur activité aux soins et à leurs patients.
Cette démarche s’inscrit dans le Pacte pour les ruralités adopté par la Région en avril 2024, qui vise notamment à renforcer l’accès aux services essentiels dans les territoires ruraux.
Trois centres de santé dès 2027
Le déploiement du GIP SAGE débutera avec les projets de centres de santé de Gondrecourt-le-Château, dans la Meuse, et de Darney, dans les Vosges. Ils sont portés respectivement par les communautés de communes Portes de Meuse et Vosges côté Sud-Ouest, toutes deux adhérentes du groupement.
Le plan présenté prévoit l’ouverture de trois premiers centres de santé en 2027, avant une montée en charge à six centres en 2028. Le financement reposera sur une participation à parts égales entre la Région et les autres collectivités membres concernées par chacun des territoires d’implantation.
Pour Franck Leroy, président de la Région Grand Est et du GIP Santé Grand Est, l’enjeu est de « permettre aux médecins de se consacrer aux soins et aux patients de trouver un interlocuteur de proximité ». Il souligne également que « le lieu où l’on vit ne doit jamais devenir un obstacle pour se soigner ».
Recruter les premières équipes
L’assemblée générale constitutive a également installé un Collège d’experts associant notamment l’Agence régionale de santé, l’Assurance maladie, les facultés de médecine de Reims, Nancy et Strasbourg, les ordres régionaux des médecins et des infirmiers ainsi que des représentants des usagers.
Réuni à l’issue de l’assemblée, le conseil d’administration doit désormais poursuivre les chantiers engagés, avec en priorité le lancement de la campagne de recrutement.
« Cette Assemblée Générale marque le passage du projet à l’action », souligne la Dre Myriam Sommi, directrice préfiguratrice du GIP SAGE. La priorité est désormais de « rendre ces postes attractifs pour convaincre des médecins de nous rejoindre », alors que le groupement reste ouvert aux futurs projets de centres de santé portés par les territoires.