La Meuse expérimente la télémédecine
Magali Santulli
Plusieurs Départements du Grand Est se sont lancés à fond dans cette initiative qui permet aux patients, notamment âgés, de bénéficier d’une consultation sans se déplacer. Visite guidée.
E-Meuse Santé est l’un des 24 lauréats de l’appel à projets national « Territoires d’innovation/France 2030 ». Ce programme d’innovation en santé est porté par les départements de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et de la Haute-Marne, et co-construit avec plus de 40 partenaires. Objectif : améliorer l’accès aux soins et expérimenter les solutions de demain dans les territoires.

E-Meuse Santé se présente comme un « accélérateur d’innovation en santé au cœur des territoires ». Lancé en 2019, ce programme d’expérimentation, qui s’étale sur 10 ans, a pour ambition de tester « de nouvelles pratiques dans l’intérêt des usagers et des professionnels de santé pour s’adapter aux besoins et spécificités de chaque territoire. » Parmi ses actions, E-Meuse Santé expérimente le déploiement de la télémédecine. « La désertification médicale complique l’accès aux soins, alors que les besoins sont grandissants face à une population vieillissante, explique Jean-Charles Dron, directeur opérationnel du programme. En parallèle, le déploie-ment de la fibre dans la région nous a poussés à développer le numérique en santé. »
La téléconsultation de territoire augmentée et assistée est par exemple expérimentée dans des tiers-lieux ou à domicile. « Les consultations se font en présence d’un infirmier, aide-soignant, pharmacien… qui accompagne le patient, notamment les personnes âgées pas toujours à l’aise avec le numérique. Le professionnel de santé va prendre des paramètres biomédicaux, ce qui fera gagner du temps au médecin quand il se connectera. La consultation sera remboursée par la Sécurité sociale ».
La télémédecine pour rendre les métiers plus attractifs ?
Les territoires ruraux souffrent le plus de la désertification médicale. « 70 % de la Région Grand Est n’a pas d’offre suffisante, aussi bien pour les généralistes que les spécialistes », indique Nadège Hornbeck, vice-présidente à la Région en charge de la santé.
« Nous soutenons ce programme qui permet une meilleure prise en charge des patients dans les territoires », Nadège Hornbeck, VP Santé du Grand Est
Dans le département de Meurthe-et-Moselle, le programme porte le nom E-54 Santé. « Cela permet de compenser la perte médicale sur le terrain, mais aussi de redonner de l’attractivité à la profession, car la téléconsultation donne plus de souplesse aux médecins », estime Rosemary Lupo, vice-présidente à la Santé au conseil départemental.







