À Signy-le-Petit, la recette pour attirer les jeunes médecins
Catherine Daudenhan
Citée en exemple, la Maison de santé pluridisciplinaire de Signy-le-Petit, dans les Ardennes, a été l’une des premières de France en milieu rural. La recette? La confiance entre médecins et collectivité, un état d’esprit et de l’initiative.
C’était loin d’être gagné d’avance, mais aujourd’hui la communauté de communes Ardennes-Thiérache compte 64 professionnels de santé pour moins de 10 000 habitants. Et une maison de santé pluridisciplinaire universitaire (MSPU), créée en 2015, qui est un condensé de remèdes au fatalisme. Facteurs clés ? L’humain et le terrain. Étudiants à la fac de médecine de Reims, Yannick Pacquelet et Mélanie Gerbaud ont en tête un tel projet. Une génération rencontre l’autre : Michel Leroy, fraîchement élu président de la communauté de communes, fait face au départ du dernier médecin de Signy-le-Petit, 1 200 habitants.
« Notre chance est d’avoir rencontré une collectivité qui nous a fait confiance », résume le Dr Pacquelet, gérant de la MSPU de Signy. « Les futurs utilisateurs ont dessiné les plans et nous, avec les architectes, on s’est adapté », complète Miguel Leroy. Le couple de médecins avait prévu large… Finalement pas assez. L’extension, rondement menée avec l’appui des différents acteurs de l’État, abrite une salle de kiné et, nouveauté, deux box de consultation. À tour de rôle, un médecin, épaulé d’une assistante, y prend en charge les soins aigus.
Le point de bascule ? L’accueil des internes
Signy-le-Petit, c’est aussi « une certaine mentalité, une forme d’aller vers », poursuit Yannick Pacquelet. Aller vers les femmes grâce à des consultations gynécologiques à la MSPU, en liaison avec l’hôpital de Charleville-Mézières. Ou encore cette première, une rencontre avec les patients. De « bonnes idées» en sont sorties, dont la pose de jouets muraux, lavables, en salle d’attente, et des messages ont été passés.
Dans l’autre sens, Yannick Pacquelet et Mélanie Gerbaud continuent d’enseigner à la faculté de Reims, persuadés qu’il faut « échanger avec la génération qui arrive pour lui donner envie de venir ». « Accueillir des internes et des thésards à Signy-le-Petit, ce n’est pas rien, rebondit le président Leroy. Beaucoup ont continué dans le secteur, cela a été un peu le point de bascule ». À l’image de la jeune médecin, passée par la MSPU et originaire du territoire, qui s’est installée à Rouvroy-sur-Audry. La collectivité avait anticipé le rachat d’un cabinet médical. L’étape suivante est déjà engagée : la création d’une maison de santé.







