Action Cœur de Ville : les maires haussent le ton pour sauver les commerces
Antonin Tabard
Le programme Action Cœur de Ville entre dans une troisième phase. Les élus saluent sa reconduction dans 244 villes moyennes, mais réclament des mesures fiscales et réglementaires pour enrayer la vacance commerciale. Décryptage.
Réunis le 29 septembre lors du comité de pilotage interministériel d’Action Cœur de Ville aux côtés de Serge Papin, ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation de la France, et de Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, les représentants de Villes de France ont fixé leurs priorités pour la nouvelle phase du programme. Lancé en 2018 et piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), le dispositif est prolongé sur la durée du nouveau mandat municipal, avec une clause de revoyure à mi-parcours. La nouvelle génération doit notamment mettre l’accent sur le logement et le commerce.

Sur ce dernier volet, les élus restent toutefois sur leur faim. « Le commerce de centre-ville reste l’axe le plus fragile du programme », souligne Villes de France. L’association estime que le taux de vacance commerciale a atteint 14,5 % en 2025 dans les villes moyennes, contre 11,5 % au niveau national.
Un commerce de centre-ville sous pression
Pour inverser la tendance, les maires demandent « des mesures fiscales et réglementaires conséquentes ». Parmi leurs propositions figurent une meilleure régulation du développement commercial en périphérie, le recours au droit de préemption et une évolution de la fiscalité sur les locaux commerciaux vacants.
La question des zones de revitalisation des centres-villes (ZRCV) est également posée. Créé en 2020, ce dispositif permet aux collectivités d’accorder certaines exonérations fiscales aux commerces, mais son utilisation reste limitée en raison de l’absence de compensation par l’État. Villes de France demande donc une évolution du dispositif.
Cette demande intervient alors que la fiscalité des friches commerciales évolue. Depuis la loi de finances pour 2026, la taxe peut notamment être instituée sur le seul périmètre d’une opération de revitalisation de territoire, sous certaines conditions. Son taux s’élève à 10 % la première année, 15 % la deuxième et 20 % à partir de la troisième.
Un bilan positif, des moyens à préciser
Les élus mettent parallèlement en avant le bilan d’Action Cœur de Ville. Plus de 13 000 actions sont référencées, dont 73 % sont livrées ou en cours, et 15 milliards d’euros avaient été engagés fin 2025. Selon Villes de France, 96 % des maires se déclarent satisfaits du programme et 98 % souhaitent sa reconduction.

Pour la suite, l’association réclame une visibilité financière pluriannuelle et souhaite « connaître les montants engagés, leur calendrier et la durée exacte du programme ». La Banque des Territoires a déjà annoncé 200 millions d’euros supplémentaires pour son plan Commerce, dont 100 millions pour les foncières de redynamisation et 20 millions pour les managers de commerce.
Au-delà du financement, les maires demandent enfin une gouvernance clarifiée, des procédures simplifiées et des moyens renforcés pour la sécurité des centres-villes.