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15 juillet 2018
Homepage : Edouard Philippe a lancé la troisième Conférence Nationale des Territoires le 12 juillet. Mais la majeure partie des territoires étaient absents… Ci-dessus : Le gouvernement était largement autant représenté que les collectivités. © Premier ministre Florian David.

La conférence devient un “colloque”

Boycottée par les trois principales associations de collectivités, dont Régions de France, la Conférence Nationale des territoires s’est transformée en un monologue gouvernemental face aux rares associations présentes.

Ce devait être l’instance de dialogue majeure entre le gouvernement et les collectivités. Dès sa troisième édition, la Conférence Nationale des Territoires s’est transformée en un simple colloque entre le Premier ministre et les rares associations d’élus présentes. Un échec dont on aurait pu faire l’économie.

Imaginez un peu : un dialogue avec les collectivités, sans l’association qui rassemble la totalité des Régions françaises. Sans celle qui réunit les 36.000 communes de notre pays. Et sans celle qui chapeaute tous les Départements. Mélangez tout cela, et vous avez un simple “colloque”, selon le mot de Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie et secrétaire général de l’Association des Petites Villes de France, une des rares unions de collectivités qui a accepté de prendre part à cette réunion : un colloque, aussi réussi soit-il, ne saurait tenir lieu de dialogue entre l’Etat et les associations d’élus. Ce sont les modalités d’organisation du dialogue territorial et de la Conférence nationale des territoires qu’il faut repenser. L’APVF sera ainsi conduite à présenter ses propositions de relance du dialogue territorial au gouvernement dans les prochaines semaines afin de sauver la Conférence nationale des territoires dont elle n’avait eu de cesse de réclamer la création”,a notamment déclaré Loïc Hervé.

 

 

Le thème, l’avenir de la politique de cohésion européenne, était pourtant porteur. Mais l’absence des principales associations d’élus a réduit les discussions à une peau de chagrin. En particulier de Régions qui gèrent une bonne partie des fonds européens, ce qui vidait évidemment la rencontre d’une bonne partie de sa substance. Ce que n’a d’ailleurs pas manqué de souligner Gérard Larcher, président du Sénat, présent ainsi que plusieurs ministres, rappelant “la nécessité que l’ensemble des associations d’élus soient présentes” et lançant un appel “pour que le dialogue soit restauré entre l’État et les collectivités”. 

Malgré la présence notamment de France urbaine (qui représente les grandes villes et les métropoles), cette conférence s’apparente donc à un échec cuisant pour le gouvernement, qui aurait d’ailleurs peut-être pu en faire l’économie. Et qui vient s’ajouter au refus de la moitié des Régions et d’une partie des Départements, de signer la Pacte budgétaire proposé par Edouard Philippe.

Erreur de diagnostic

De son côté Régions de France a stigmatisé “l’erreur de diagnostic commise par le Premier ministre s’il pense que le problème entre les collectivités locales et le gouvernement se limite à la question de la contractualisation financière. Pour les Régions, qui partagent ce diagnostic avec les Départements et les Communes, la question essentielle est celle de la recentralisation rampante depuis un an dans notre pays. Malgré le discours girondin du président de la République, le jacobinisme est à l’œuvre tous les jours dans les actes de son gouvernement.

Il n’y a de la part des Régions aucune posture politique. Comme le chef de l’Etat, nous ne voulonsque le redressement du pays.Les Régions attendent un geste de l’exécutif pour renouer le dialogue. La révision constitutionnelle et les lois organiques sont le bon vecteur pour donner plus de libertés locales et de pouvoir dedifférenciation aux collectivités. Et pour leur permettre d’agir plus efficacement au service de nos concitoyens”,conclut Régions de France.

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