Violences urbaines dans les Outre-mer : les réponses du gouvernement
Philippe Martin
Aides aux entreprises, rénovation des lycées, lutte contre la vie chère et accès à l’eau : le gouvernement annonce plusieurs mesures dans les Outre-mer.
Les territoires ultramarins de Guadeloupe, et de Martinique et de La Réunion n’ont pas été épargnés ces derniers jours par les violences urbaines qui ont frappé de nombreuses villes de métropole. Plusieurs gendarmes et policiers ont été blessés, et des commerces pillés.
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou a tenu à « réaffirmer sa condamnation des violences et des dégradations commises, ainsi que son soutien aux habitants, aux commerçants et aux forces de l’ordre. »
Au-delà du rétablissement de l’ordre, la ministre a fait savoir qu’elle « entend poursuivre et amplifier le travail engagé pour répondre aux difficultés du quotidien », et a annoncé une série de mesures.
Les commerces et entreprises ultramarins touchés par les violences bénéficieront des mesures exceptionnelles de soutien annoncées par le Gouvernement. Elles comprennent notamment la prise en charge de l’activité partielle, les reports de cotisations sociales, les facilités fiscales, les prêts à taux zéro pouvant atteindre 50.000 euros et les aides d’urgence.
Accompagner les collectivités sur les lycées
La ministre annonce « poursuivre le travail engagé avec les exécutifs locaux et le ministère de l’Éducation nationale pour répondre aux difficultés signalées par les lycéens ».
À La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, il s’agit d’identifier, établissement par établissement, les interventions urgentes, les projets de rénovation à mener et les obstacles à lever. L’État « souhaite accompagner les collectivités dans leurs efforts, dans le respect des compétences de chacun ».
À Mayotte, où l’État assume directement la responsabilité des constructions scolaires, les opérations engagées se poursuivent pour améliorer les conditions d’accueil des élèves. Un suivi rigoureux des projets a été mis en place, commune par commune, pour suivre la situation de près et s’assurer de l’exécution des projets.
Poursuivre le travail engagé contre la vie chère
Dès le mois de septembre, bien avant les récentes mobilisations, la ministre « a réengagé des échanges avec les parlementaires ultramarins sur les moyens de lutter plus efficacement contre la vie chère. Ce travail se poursuit pour permettre l’examen à l’Assemblée nationale du texte déjà adopté par le Sénat et identifier les mesures qui permettront d’aller plus loin ».
Prix des produits de consommation courante, billets d’avion, tarifs bancaires, frais d’approche, transparence et concurrence, adaptation des normes aux réalités ultramarines : les discussions portent sur les différents facteurs qui pèsent sur le budget des ménages.
L’objectif est de travailler collectivement à des solutions qui agissent réellement sur la formation des prix et permettent de réduire durablement les écarts avec l’Hexagone.
Les Outre-mer bénéficieront également de l’effort national engagé par le Gouvernement pour faire baisser les prix à la pompe sur le gazole à compter du 1er novembre, grâce à la mobilisation des stocks stratégiques de carburant.
Des solutions durables pour l’accès à l’eau
L’accès à l’eau demeure une difficulté majeure dans plusieurs territoires. Au-delà des opérations déjà engagées et du soutien de l’État, la ministre « travaille à l’élaboration de réponses structurelles et pérennes adaptées à chaque territoire ».
En Guadeloupe, ce travail est conduit avec la Région, le Département et les acteurs du service public de l’eau, pour répondre à la fois aux défaillances des réseaux, aux besoins d’investissement et aux difficultés de fonctionnement du service, pour donner des perspectives durables aux habitants.
À Mayotte, l’État poursuit la mise en œuvre du plan eau, notamment avec le projet de nouvelle usine de dessalement d’Ironi Bé, le renforcement des capacités de stockage et la rénovation des réseaux. Des actions concrètes sont déjà engagées : déploiement de cuves dans les établissements scolaires, préparation de l’équipement de 13.000 foyers vulnérables et mobilisation des jeunes du RSMA pour rechercher et réparer les fuites d’eau. Les premières interventions ont débuté le 16 octobre, en Partenariat avec Les Eaux de Mayotte et les communes.
En Guyane, l’enjeu est d’abord de permettre aux habitants des communes isolées d’accéder à une eau potable sûre et régulière. L’État « poursuivra son accompagnement des collectivités compétentes, notamment dans le cadre des contrats de progrès, pour développer les équipements de production, de traitement et de distribution adaptés aux contraintes géographiques du territoire ».