Robot sous-marin : la Marine teste le ROV conçu à Sète
Philippe Martin
Conçu à Sète, le ROV est un des fleurons de la société occitane Forssea Robotics. Une petite plongée avec ce robot sous-marin dans les eaux de la rade de Brest ?
Les marins à bord du Styx ne sont pas tout-à-fait comme les autres. Et pour cause : il s’agit d’un bâtiment de « plongeurs démineurs », dont le travail est de contrôler nos eaux, de réaliser ce que l’on appelle aujourd’hui des « levées de doutes ». Une manière un peu pudique de qualifier les tentatives de détournement, sabotage, minages et autres cyberattaques que des puissances hostiles sont susceptibles de réaliser dans les eaux françaises, à travers la planète. En ce moment, les cyberattaques et les mines sont à la mode, et pas seulement dans le détroit d’Ormuz…
D’où l’importance de ce travail de vérification qui commence souvent par 200 mètres de fond, à une profondeur où il est très pratique de bénéficier d’un coup de main de robots sous-marins pour aller vérifier que tout se passe bien. C’est justement ce que nos marins du Styx sont en train de tester dans la rade de Brest, en compagnie d’une équipe de salariés venus de l’autre bout de la France. De Sète très exactement, au bord de l’étang de Thau, où est installée la société Forssea Robotics, qui depuis une dizaine d’années développe des robots sous-marins.
Un robot sous-marins pour surveiller nos mers ?
« Notre activité se déploie dans trois directions, explique le cofondateur de la PME Gautier Dreyfus, polytechnicien et lui-même ancien “Cadet Officer” de la Marine nationale. Le renouvelable (NDLR : notamment l’éolien marin), les plateformes pétrolières, et donc l’Armée. » Ce dernier carnet de commandes, passé en l’occurrence par la Direction générale de l’Armement, monte en puissance, compte tenu de la conjoncture inter-nationale et de l’activité de quelques puissances étrangères du genre agressif…
Le ROV Argos, c’est son nom, est un robot très apprécié, qui permet d’aller contrôler, inspecter, filmer tout ce que l’on peut trouver jusqu’à 200 mètres de profondeur – et même bientôt au-delà puisque la prochaine génération en cours de développement pourrait atteindre les 2 000 mètres de profondeur. « Et il est géoréférencé : on peut le situer avec un maximum de précision, ce qui est très utile mais difficile à réaliser sous l’eau », précise Gautier Dreyfus. Test réussi à Brest, si l’on en croit le rapport de mission du ROB : « réalisation d’inspections visuelles géoréférencées de haute qualité à 57 m de profondeur ». Entre autres.
« Il est capital de maîtriser nos fonds sous-marins, car les menaces de sabotage à grande profondeur sont de plus en plus nombreuses », précise le contre-amiral Cédric Chetaille, chargé de la maîtrise des fonds marins. Une maîtrise qui passe par les hommes, mais aussi par les robots.