Projet de loi de finances : les inquiétudes des Régions
Philippe Martin
Le projet de loi de finances 2027 inquiète la plupart des associations de collectivités, à commencer par Régions de France qui a récemment publié une lettre ouverte adressée au Premier ministre, intitulée “Budget 2027 : ne sacrifiez pas l’avenir !”. « Aujourd’hui, la coupe est pleine, écrivent les présidentes et présidents de Région, plusieurs de vos décisions récentes ont suscité un profond sentiment d’exaspération ».
Et de citer notamment la division par 8 des soutiens à l’apprentissage au détriment des jeunes les plus modestes, ou la réduction drastique des crédits dédiés à la formation professionnelle (retrouvez ici la lettre des présidents de région).
C’est dans ce contexte de travaux préparatoires au projet de loi de finances, que Carole Delga, présidente de Régions de France, a échangé avec Gérard Larcher, président du Sénat et Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des finances du Sénat.

Ces discussions ont permis de « faire un état des lieux de la situation financière dégradée des Régions, directement impactée par les coupes budgétaires de 2025 et 2026. »
Face à un niveau d’épargne nette qui n’a jamais retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire, à une trésorerie très faible, les régions s’endettent pour investir. Les régions présentent ainsi le délai de désendettement le plus dégradé parmi les strates de collectivités.

La Cour des comptes l’a souligné : la situation des finances publiques de la France est alarmante.
Dans ce contexte, chacun devra consentir des efforts, à condition qu’ils restent justes et équitables. Or, les Régions « ont déjà contribué bien au-delà de leur part, ce qui a conduit à une baisse de leurs dépenses de fonctionnement et à une chute historique de 1,3 milliard d’euros de leurs dépenses d’investissement en 2025. Ces ponctions sur les finances régionales pèsent directement sur les citoyens, les entreprises et les autres collectivités ».






