Le Vaucluse recrute ses médecins
Philippe Martin
Face à la pénurie de généralistes, le Département a créé un réseau reposant sur des médecins salariés. Explications.
« Ces médecins qu’on appelle “Désiré” », avions-nous titré notre dossier consacré aux déserts médicaux. Tellement désirés que dans certaines régions, comme le Centre-Val de Loire, c’est le président du conseil régional François Bonneau en personne qui recrute des praticiens : 70 déjà, répartis dans 21 centres de santé.
D’autres niveaux de collectivités se sont lancés dans le même « grand combat », à l’image du Département du Vaucluse qui déploie depuis quatre ans une réponse inédite dans la Région Sud : la création d’un « réseau départemental de santé », reposant sur des médecins salariés par la collectivité et des centres de santé territoriaux.
Une initiative indispensable aux yeux de la présidente du conseil départemental Dominique Santoni, même si elle admet : « la santé n’est pas une compétence obligatoire du Département, mais l’urgence nous impose d’agir concrètement pour nos habitants ». L’idée est donc de « renforcer rapidement l’offre médicale de proximité ».
Le Vaucluse à l’origine de ses propres centres départementaux de santé
Depuis 2022, année de création du « Réseau de santé », la collectivité a ainsi ouvert quatre centres départementaux de santé, à Avignon, Cadenet, Apt et Sorgues. Elle a recruté 13 médecins (parmi lesquels trois retraités et quatre internes exerçant en qualité de remplaçant) et quatre secrétaires médicales. Le dispositif a permis d’accueillir 8 173 patients sur la seule année 2015, et de réaliser 43 900 consultations depuis le lancement du plan. Avec un cinquième centre en prévision, à Pernes-les-Fontaines près de Carpentras, ainsi qu’un projet de bus médical itinérant pour les zones rurales.
Et les médecins ainsi recrutés semblent ravis : « Le vrai plus, c’est de travailler en équipe » ; « cumuler retraite de libéral et activité restreinte, c’est très appréciable » ; voire même selon le Dr Agnès Derozier « le salariat, c’est le Graal. Ne pas faire la compta, ne pas s’occuper des problèmes d’ordinateur ou du loyer, cela veut dire qu’on peut se consacrer entièrement à notre métier ». Le rêve de tout médecin, sans doute.







