La Région Grand Est crée un job-dating militaire
Charlotte Loiseau
La Région Grand Est prépare la création d’un site internet qui permettra de mettre en relation l’univers de la Défense, le monde académique et celui de l’industrie. Un projet unique en France.
Lorsque Thierry Perardel est nommé « Chargé de mission Défense » par le président de la Région Grand Est Franck Leroy en mars 2025, il se voit confier une mission : élaborer une feuille de route, et rendre le Grand Est « Défense friendly ». C’est chose faite en octobre dernier avec 29 recommandations établies, dont la création de la première Académie des Métiers de la Défense (AMD).
Le principe : recenser l’ensemble des formations présentes dans la région et susceptibles d’intéresser les Armées, en partenariat avec le Rectorat et l’Union des industries et métiers de la Metallurgie (UIMM). Thierry Perardel, passé un temps au cabinet du Premier ministre Michel Barnier en tant que conseiller technique pôle Défense, cite en exemple Sciences Po Paris, qui possède deux campus dans le Grand Est (Reims et Nancy, ainsi qu’un IEP à Strasbourg), où des formations en géopolitique et relations internationales sont dispensées.
« Ces formations peuvent intéresser la Direction des Renseignements Militaires, la DGSE, ou encore des sociétés qui font de l’analyses d’images satellitaires pour le Ministère des Armées. C’est donc un vivier de recrutement pour ces institutions », explique Thierry Perardel, chargé de mission Défense.
La Région Grand Est s’est déjà dotée de lycées techniques avec des formations en maintenance de drone, ou encore en maintenance aéronautique. C’est le cas du lycée Jean Zay de Jarny (Meurthe-et-Moselle), qui propose depuis plus de 10 ans à ses élèves en BTS ou BAC Pro, de s’entraîner sur une véritable carcasse d’hélicoptère PUMA, prêtée par l’armée de terre du 3e Régiment d’Hélicoptère de Combat situé à Etain (Meuse).
Faciliter les liens entre la formation et l’industrie de la Défense
« Les élèves réparent des choses, les remontent, ou font des plannings d’intervention », se félicite Manon Mangenot, responsable du bureau des entreprises du lycée. Pour la jeune femme, la future Académie des Métiers de la Défense « sera un outil supplémentaire, utile pour nos jeunes qui ont la fibre militaire ».
« Le but de cette Académie c’est de dire aux industriels de la Défense : vous avez tout sur place, et plus encore. »
Car aujourd’hui, toutes ces formations sont extrêmement dispersées, explique Thierry Perardel. « Parfois, les Armées voire les industriels de la Défense ne sont même pas au courant de ce qui existe, donc le but de cette Académie c’est de leur dire : vous avez tout sur place, et plus encore. » Enfin, il y a également un lien à faire en direction du monde de l’industrie, avec certaines sociétés dans la région qui développent par exemple des drones, sans savoir que la seule école des drones de l’Armée de Terre se situe à Chaumont (Haute-Marne). L’idée finale de Thierry Perardel est donc simple : créer du lien entre trois mondes, l’Académique, la Défense et l’industrie.

En termes d’agenda, un site internet dédié devrait voir le jour d’ici le printemps 2027, « le temps de procéder au recensement de toutes les offres existantes sur notre territoire ». Un travail de titan, qui se fera sans budget dédié.




