Défense : Les banques bretonnes en ordre de bataille
Benoît Tréhorel
Répondant à l’appel à la mobilisation lancé par le gouvernement, les banques bretonnes se sont mises en ordre de bataille, en proposant des dispositifs auprès des entreprises de la Défense.
À l’effort national de défense, les banques bretonnes ont choisi de ne pas faire opposition. Au contraire. Encouragé par le ministère de l’Economie à y prendre part dès mars 2025, le monde de la finance n’a pas tardé à se mettre en ordre de marche. Et même de bataille. Les besoins des quelque 4 500 PME (moins de 250 salariés) et établissements de taille intermédiaire sous-traitantes (entre 250 et 4 999 salariés) œuvrant pour la base industrielle et technologique de défense étaient alors estimés à « entre cinq et sept milliards d’euros d’ici 2030 ».
En Bretagne, c’est le Crédit Mutuel Arkéa qui a dégainé le premier. Basé près de Brest (Finistère), le groupe bancaire coopératif a annoncé, en septembre dernier, la création d’une filière « Défense et souveraineté », ainsi que le déploiement de « solutions concrètes destinées à soutenir de manière ambitieuse et durable les PME et ETI du secteur ».
Les banques bretonnes au chevet des entreprises de la défense
Parmi les offres proposées : mobilisation de 500 millions d’euros, en partenariat avec Bpifrance, au bénéfice d’acteurs identifiés autour du dispositif « Avance Défense » ; fonds de dette privée de 250 millions d’euros à destination des entreprises françaises « rentables et en croissance » ; ou encore fonds souveraineté avec une enveloppe dédiée à l’accompagnement des besoins en fonds propres des entreprises.
« Soutenir ces acteurs, c’est à la fois renforcer la sécurité de nos territoires, préparer les transitions d’avenir et affirmer le rôle singulier d’une banque coopérative engagée pour le bien commun », appuie Julien Carmona, président du Crédit Mutuel Arkéa.
Une offre bancaire destinée aux militaires
Le Crédit agricole du Finistère a, quant à lui, attendu le passage à l’an 2026 pour entrer officiellement en action. « Le Village by CA Finistère se positionne comme un moteur d’écosystème, capable de structurer et de porter l’innovation défense depuis Brest, au rayonnement national et européen », fait savoir Benoît Lucas, directeur général de la caisse régionale 29 du groupe Crédit agricole.
Trois axes ont été dévoilés : lancement d’un domaine d’expertise destiné à « faire émerger les projets et articuler un écosystème allant de la jeune pousse aux grandes entreprises de la Défense en Finistère » ; création d’un nouveau fonds d’investissement baptisé « Finistère Expansion » visant à renforcer les fonds propres des TPE et PME (environ cinq millions d’euros par an) ; commercialisation d’une offre bancaire et assurantielle privilégiée pour les militaires.
Histoire de se donner elle aussi du crédit dans cet élan de réarmement, la Banque populaire du Grand Ouest, dont le siège est situé à Saint-Grégoire, près de Rennes, a décidé de mobiliser 100 millions d’euros. Objectif ? « Renforcer notre engagement auprès des entreprises confrontées à une croissance rapide et à des besoins d’investissements spécifiques », justifie-t-elle.
Bpifrance et la BEI aux côtés des banques régionales
Plusieurs leviers ont été détaillés : enveloppe de 50 millions d’euros adossés à la Banque Européenne d’Investissement ; nouveau produit d’épargne intitulé « Livret Grand Ouest Défense », permettant de mobiliser les épargnants, en vue d’accompagner les projets des entreprises ; enveloppe complémentaire de 50 millions d’euros au titre de financements court terme pour les besoins des PME et ETI dans le financement de leurs fonds de roulement.

« Ce soutien à la filière défense s’inscrit dans notre ADN, argue Benoît Catel, directeur général de la BPGO. Le Grand Ouest, et en particulier la Bretagne, concentre des savoir-faire industriels et maritimes stratégiques, au cœur des enjeux de souveraineté nationale. Afin de répondre aux besoins spécifiques de la filière Défense, nous nous sommes dotés d’une organisation dédiée, avec un référent identifié, des compétences renforcées dans les territoires et un dispositif de formation spécialisé ». Désormais, tout semble prêt : banques et entreprises n’attendent plus que les bons de commande de l’État.