Réarmement : la Bretagne prête à prendre sa part
37.000 Bretons travaillent aujourd’hui dans le secteur de la Défense. Dans un contexte militaire très tendu, la Région souhaite amplifier son effort dans ce domaine.
Philippe Martin
La présence militaire en Bretagne est ancienne et ne fait que se renforcer : de la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de l’Île-Longue aux académies militaires, en passant par le commandement militaire de la cyberdéfense et l’AMIAD (Agence ministérielle pour l’IA de défense) qui recrutera à terme 300 personnes sur son pôle technique, près de Bruz.
Sur les neuf grands industriels avec lesquels travaille le ministère des Armées, trois sont fortement implantés en Bretagne, Naval Group, Safran et Thalès. À cela, il faut ajouter pas moins de 400 PME et ETI. En tout, près de 37.000 Bretons participent à cet effort.
Particularités de la Bretagne : toute la chaîne de valeur y est représentée, des maîtres d’œuvre aux sous-traitants ; et les domaines technologiques sont très divers : spatial, photonique, réseaux, cyber, IA…
Faciliter la dynamique industrielle régionale
C’est dans ce contexte que Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, a accueilli le 19 mars, aux côtés de la Direction Générale de l’Armement (DGA), les trois acteurs majeurs de l’industrie de défense, présents sur le territoire breton. Dans le contexte européen et national qui invite à renforcer la mobilisation de la France en faveur du “réarmement”, il a rappelé la place essentielle qu’occupe la Bretagne, en matière de dissuasion, de formation de personnels et de production de matériels de défense.
Il s’est également dit à la fois « disposé à engager, avec les industriels, un travail commun de renforcement de nos capacités » et « prêt à activer les différents leviers dont la collectivité dispose pour atteindre cet objectif, en cohérence avec l’ensemble de l’écosystème ».
Comme elle l’a fait pour la structuration de l’écosystème cyber, la Région peut renforcer la dynamique régionale, entre tous les acteurs : connaître les besoins des grands groupes comme des PME ; faciliter les relations entre les collectivités, les entreprises et la DGA ; permettre l’accélération des PME industrielles…
Pour répondre à l’enjeu des recrutements, la Région peut intervenir sur le financement de plans de compétences, comme cela a été le cas pour Thalès, Safran et Novatech. Ou adapter certaines formations en lien avec le secteur de la défense. Aujourd’hui, 55 lycées bretons proposent 150 formations dans le domaine industriel, alors que le secteur de la défense recherche des chaudronniers, soudeurs, mécaniciens… Attirer des jeunes et des femmes dans ces métiers est une priorité.
Dispositifs de soutien
La Région Bretagne est en capacité d’accompagner les entreprises dans des moments-clés de leur développement : à travers le fonds Breizh Up destiné aux entreprises innovantes (qui intervient dans certains cas précis, en partenariat avec la DGA) et via Breizh Rebond qui prend des participations dans des entreprises en situation de fragilité conjoncturelle.
Elle peut aussi accompagner les PME industrielles via le programme Breizh Fab qui peut être orienté pour soutenir les entreprises actives dans le secteur de la défense.
