Congrès FNTV : échanges serrés à Roland-Garros
Philippe Martin
Réunis à Roland-Garros, les professionnels du transport routier de voyageurs ont débattu du financement, de la décarbonation et de l’attractivité des métiers.
Cette année, la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) avait choisi deux sites parisiens emblématiques pour organiser son congrès annuel. Le magnifique Atelier des Lumières pour sa soirée d’inauguration, avec à la clef un spectacle consacré à Vincent Van Gogh. Et le stade de Roland-Garros le lendemain, pour le congrès proprement dit. Est-ce le choix des lieux ? Toujours est-il que la manifestation s’est avérée riche d’enseignements, donnant lieu à quelques échanges serrés.
Des financements aux contrats publics, de la transition énergétique au tourisme et à l’emploi, le Congrès FNTV 2026 a mis en lumière un enjeu commun : « réunir les conditions d’un transport collectif performant, durable et économiquement viable », selon le président de la FNTV Jean-Sébastien Barrault.
Pour la FNTV, cet objectif passe par « des contrats équilibrés, des financements pérennes, des infrastructures adaptées et des politiques de l’emploi coordonnées. La coopération entre entreprises, collectivités et Etat est indispensable pour accompagner l’évolution des mobilités et préserver la qualité du service rendu aux voyageurs ».
Au fil des sets ont été évoqués la loi-cadre, financer dans la durée, accueillir les voyageurs, renforcer la sécurité ; le contrat équitable, du cahier des charges à la transition énergétique et au transport touristique ; et l’attractivité des métiers, recruter, former et fidéliser ensemble.

Invité d’honneur, le ministre des Transports Philippe Tabarot a présenté plusieurs mesures pour répondre aux difficultés des entreprises confrontées à la hausse des carburants et soutenir le développement des transports collectifs.
Plus de 200 M€ sont mobilisés pour le transport routier dans son ensemble, dont 74 déjà versés. Une entreprise éligible aux trois dispositifs forfaitaires pourra bénéficier jusqu’à 1.250 euros par autocar.
Le ministère travaille par ailleurs avec la FNTV à un mécanisme d’indexation automatique des contrats sur les variations du prix du carburant. Une enveloppe de 50 M€ doit également accompagner 45 projets de cars express, notamment pour financer des pôles d’échanges multimodaux et des voies réservées. Des orientations ont enfin été présentées sur le financement de l’électrification et la possibilité pour les conducteurs scolaires de déroger aux nouvelles règles de cumul emploi-retraite.
« Ces valeurs d’engagement, d’effort et de résilience sont précisément celles que je veux saluer chez vous aujourd’hui. Je souhaite faire évoluer le cadre juridique national contre la présence permanente de certaines entreprises étrangères et rendre le cabotage plus facilement contrôlable », a conclu le ministre.
Transition énergétique : concilier ambition et moyens
Annelise Avril, directrice générale France de Keolis, Franck Dhersin, président du GART et sénateur du Nord, et Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région Sud chargé des transports et de la mobilité durable, ont abordé les conditions de la décarbonation du transport routier de voyageurs.
Le renouvellement des flottes suppose des investissements importants. Le financement des véhicules, la visibilité sur les aides à l’acquisition, les infrastructures disponibles et la prise en compte des efforts environnementaux dans les contrats sont autant de leviers pour concilier objectifs climatiques et réalité économique des entreprises.

Attractivité des métiers : un bon exemple de coopération
Valérie Debord, vice-présidente de la Région Grand Est, Xavier Odo, conseiller délégué aux transports scolaires et interurbains de la Région Auvergne Rhône Alpes, et Pierre Jean Seyt, co-directeur général des Transports en Commun Seyt, ont débattu des moyens de répondre aux besoins de recrutement, notamment de conducteurs.
L’action collective des transporteurs, collectivités et acteurs de l’emploi est essentiel pour faire connaître les métiers, faciliter l’accès à la profession et accompagner les candidats. L’attractivité repose autant sur le recrutement que sur la qualité des parcours et la fidélisation des salariés déjà en poste.
Transport touristique et occasionnel : un rôle essentiel pour les territoires
Jean-Luc Boch, président de l’Association nationale des maires des stations de montagne, Valérie Boned, présidente de la Confédération des acteurs du tourisme, et Thierry Michel, président des Cars P. Michel, ont rappelé la contribution du transport touristique et occasionnel à la vie des territoires.
Sorties scolaires, déplacements sportifs et culturels, tourisme et événements reposent sur une offre de transport touristique adaptée. Dans un contexte de hausse des coûts et de pression tarifaire, la pérennité de ces services nécessite des conditions d’exploitation permettant de maintenir une offre accessible et de qualité.
