CCI France à la relance !
Malgré les ponctions budgétaires successives, le réseau consulaire affiche un bel optimisme, et de grandes ambitions.
Philippe Martin
Entre 2013 et 2022, le budget de CCI France est passé de 1,3 milliard d’euros à 525 M€, et le nombre de collaborateurs de 25.000 à 14.000. C’est dire si les Chambres de commerce et d’industrie ont pris l’habitude de se serrer la ceinture, tout en cherchant à optimiser leur activité au service des entreprises, à commencer par les PME-TPE.

C’est dire aussi à quel point la nouvelle ponction prévue dans la version initiale du Projet de Loi de Finances, de l’ordre de 76 M€, était particulièrement mal vécue par le réseau et par son président Alain Di Crescenzo. Une ponction qui aurait conduit à de nouveaux reculs dans le champ d’action des CCI, et à une nouvelle vague de licenciements, évaluée à plus d’un millier d’emplois (fonctions support et opérationnelles).
Finalement, le gouvernement a revu sa copie le 20 janvier, alors même qu’Alain Di Crescenzo présentait ses résultats et ses projets à la presse. La nouvelle version, rédigée sous la pression du monde de l’entreprise et d’un certain nombre de parlementaires, prévoit une diminution de la TCCI (taxe pour frais de chambres de commerce et d’industrie dues par les entreprises) de 20 M€, et stoppe la trajectoire sur les fonds de roulement de CCI France, qui devait encore rembourser 20 M€ en 2026 et 20 M€ en 2027.
Des ambitions renouvelées
Une baisse de moyens certes, mais la casse est limitée, en un moment où CCI France affiche des ambitions renouvelées, dévoilées par son président. En s’appuyant sur quelques-uns des résultats le plus marquants de l’exercice écoulé : 525.000 jeunes et adultes formés, 464.000 porteurs de projets reçus et accompagnés, 580 équipements gérés (dont 110 ports, 37 centres de congrès, ou encore 7 aéroports en région), et un taux de satisfaction moyen de la part des entrepreneurs de 8,3 sur 10, en hausse de deux points, et de 8,4 sur 10 pour les collectivités (enquête OpinionWay annuelle).

Au rang des projets déjà en cours de réalisation, la création de “foncières de redynamisation commerciale”, menée en partenariat avec la Banque des Territoires et les collectivités, pour relancer les centres-villes en diminuant la vacance des commerces. Mais encore la transformation des zones d’activité à travers “l’inventaire du foncier disponible”, une initiative impulsée par la CCI de Bretagne, qui analyse de manière fine aussi bien les locaux disponibles que les surfaces de parkings non utilisés : expérience en cours dans quatre EPCI bretons (Dinan Agglomération, Rennes Métropole, communauté de communes Pays de Landivisiau et Auray Quiberon).

Ou encore les “accélérateurs de relocalisation”, destinés à accompagner les entreprises soucieuses de se relocaliser : treize accélérateurs sont déjà en place. Sans parler de la relance de l’apprentissage, en particulier dans le supérieur, avec là encore de grosses inquiétudes budgétaires : « nous sommes passés de 350.000 à un million d’apprentis, rattrapant en partie notre retard en ce domaine, a rappelé Alain Di Crescenzo. Mais si les aides baissent comme il en est question, nous allons retomber très vite à 400.000. Or, pour une PME, le recrutement d’un cadre représente un enjeu considérable, dont l’apprentissage permet de limiter les risques ».
Un niveau de confiance à 65%
Et le président de CCI France d’insister sur deux chiffres issus de l’étude OpinionWay : 12 %, c’est le niveau de confiance (très faible !) des entrepreneurs quant à l’économie française. Mais ce chiffre monte à 65 % pour le niveau de confiance des entrepreneurs vis-à-vis des perspectives de leur propre entreprise.

Alain Di Creszenzo y voit des raisons objectives d’un « retour à un optimisme offensif » autour de grands principes comme l’écoute du terrain, la formation, la simplification des lois et des normes, et la communication « régulière, optimiste, centrée sur nos réussites ». Dont la principale est sans doute la « valeur ajoutée par l’action des CCI : avec 525.000 € de taxes versées par les entreprises, nous créons cinq fois plus de valeur que ce que cela a coûté, ce qui représente 2 à 3 points de PIB ». Et il se fait fort de le démontrer.
Chiffres issus de l’enquête OpinionWay “La grande consultation des entrepreneurs”, janvier 2026, à retrouver ici.
