Autoroute A69 : l’État a fait appel de l’arrêt du chantier
A la suite de la décision du tribunal administratif de Toulouse du 27 février, ordonnant l’arrêt du chantier de l’autoroute A69, l’État a fait appel le 24 mars. Le ministère de Transports a indiqué qu’il avait dans le même temps, interjeté appel de la décision et « demandé le sursis à exécution afin de permettre la reprise rapide des travaux ». Les deux recours ont été déposés simultanément.
Philippe Martin
La cour administrative de Toulouse a fixé au mercredi 21 mai la date de l’audience pour examiner la demande de sursis à exécution. Dans cette attente, le chantier est à l’arrêt, et plus d’un millier de salariés, majoritairement originaires de la région, se retrouvent sans travail, et pour certains d’entre eux, sans emploi.
Après le rassemblement de milliers d’habitants de la région, le 8 mars, favorables à la poursuite du chantier, de nombreux élus nationaux et régionaux ont continué à apporter leur soutien au projet d’autoroute. Plusieurs parlementaires, dont le député DVD Philippe Bonnecarrère (1ère circonscription du Tarn), souhaitent faire voter une « loi de validation de l’autoroute dans laquelle nous nous contenterons de dire que l’autoroute Castres-Toulouse répond à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) ».

De son côté, l’Association Départements de France a voté le 25 mars une résolution “pour la sécurisation des grands travaux d’infrastructures“, à l’initiative du président du Département du Tarn Christophe Ramond.
Dans un communiqué, l’ADF souligne que « l’arrêt du chantier de l’A69 dans le Tarn met en lumière la tournure préoccupante que prend la contestation des grands travaux d’infrastructures. Ce qui se joue avec l’A69, c’est l’avenir du Tarn. C’est aussi l’avenir d’autres départements qui défendent des infrastructures majeures, comme l’arrivée de la LGV en Occitanie, le doublement de la RN88 dans l’Aveyron, les déviations de Montpellier dans l’Hérault et de Beynac en Dordogne, la reconstruction du pont de Fleurville entre l’Ain et la Saône-et-Loire… la liste est très longue ! »
Un non sens budgétaire
« La suspension de certains chantiers déjà largement engagés, en plus d’être un non-sens budgétaire, va à l’encontre de décisions prises démocratiquement par des élus à même de connaître l’intérêt public majeur de telles réalisations, poursuit-elle. Ce qui se joue avec les grands projets d’infrastructures n’est rien de moins que l’avenir et le développement équilibré de nos départements, ainsi que le service rendu à leurs habitants. »
Départements de France appelle « à sortir au plus vite de cette situation ubuesque, et demande à l’État de revoir le cadre réglementaire des grands projets qui paralyse notre pays ».
Retrouvez le dossier complet sur l’A69 dans le n°174 de Régions Magazine, actuellement en kiosque.
