Autoroute A69 : pourquoi les travaux vont pouvoir reprendre !
La décision était très attendue par les partisans de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres : la cour administrative d’appel de Toulouse a décidé de surseoir à l’exécution des décisions du 27 février 2025, prises par le tribunal administratif de Toulouse.
Philippe Martin
A l’issue de cette première décision, les autorisations environnementales du projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse (A69 et A680) avaient été annulées, alors que les travaux de l’autoroute sont achevés à près de 70 % (lire à ce sujet notre dossier dans le numéro 174 de Régions Magazine, actuellement en kiosques).
Les magistrats ont cette fois suivi les conclusions du rapporteur public qui s’était, lors de l’audience du 21 mai, prononcé pour une suspension des jugements du tribunal administratif, en attendant la décision au fond de l’appel déposé par l’État qui sera examiné d’ici un an.
Après analyse, le juge a reconnu comme sérieux l’argument en faveur de l’existence d’une « raison impérative d’intérêt public majeur du projet ». Par cette décision, le juge rend possible la reprise par les concessionnaires ATOSCA – pour l’A69 – et ASF – pour l’A680 – des travaux du chantier.
En clair, les travaux vont pouvoir reprendre, sans doute dans le courant du mois de juin. Les prochaines semaines permettront en outre une nouvelle planification des opérations permettant de définir, dans les meilleurs délais, une nouvelle date de mise en service.
Pour le ministre des Transports Philippe Tabarot, « La décision de reprise des travaux constitue un véritable soulagement. L’interruption du chantier en cours de réalisation de l’A69 faisait peser des risques sur la sécurité des installations et des personnes aux abords du site. Elle avait également des répercussions lourdes sur le tissu économique local, en provoquant l’arrêt brutal de l’ensemble des activités. »
Le ministre « souhaite que la reprise des travaux se fasse au plus vite tout en restant vigilant à ce qu’il reste irréprochable sur la prise en compte des enjeux de protection de l’environnement.
Plus que jamais, [il] réaffirme le soutien du Gouvernement à ce projet structurant pour le Tarn, aux côtés des collectivités territoriales, et réitère sa conviction quant à la conformité de celui-ci avec la réglementation environnementale en vigueur. »
300 millions d’euros déjà investis
Autre réaction, celle de Christophe Ramond, président (PS) du Conseil Départemental du Tarn : « L’A69 va pouvoir continuer à tracer sa route ! Le chantier doit maintenant reprendre au plus vite. Plus de 300 M€ ont déjà été investis, les travaux sont achevés à 70 %, il est urgent de finir l’A69. La décision de la Cour administrative d’appel de Toulouse est un vrai soulagement, à la hauteur des espoirs que suscite l’A69 soutenue démocratiquement par tout un bassin de vie et défendue par une immense majorité d’élus locaux.
Ce nouveau souffle pour le chantier est une bouffée d’oxygène pour le Tarn et tous les grands projets d’avenir qui sont aujourd’hui menacés en France : Extension de la LGV en Occitanie, doublement de la RN88 dans l’Aveyron, déviations de Montpellier dans l’Hérault et de Beynac en Dordogne, reconstruction du pont de Fleurville entre l’Ain et la Saône-et-Loire… »
L’État demeure dans l’attente de la décision au fond que rendra la cour administrative d’appel de Toulouse, saisie dans le cadre du recours contre le jugement du tribunal administratif.
Quant aux opposants au projet, notamment les écologistes du mouvement La voie est libre, ils prévoient une forte mobilisation début juillet pour s’opposer à la reprise des travaux. Et annoncent qu’ils vont saisir le conseil d’État.
