À Paris, les médecins retraités reprennent du service
Agnès Morel
En plein cœur du 13e arrondissement de Paris, des praticiens de 65 ans et plus se sont regroupés au Centre Odon Vallet pour faire face à la pénurie de médecins.
Finie l’errance médicale ! Cardiologie, ORL, pneumologie… Pour prendre rendez-vous sous quelques jours, voire le jour même, il suffit de cliquer.

Ouvert en janvier 2025, le Centre de spécialités médicales Odon Vallet, qui compte déjà deux antennes dans le 13e arrondissement de Paris, réunit 50 médecins sous contrat, bientôt 55, dans 15 spécialités, dont sept en médecine générale. Tous ont plus de 65 ans : ce sont des médecins retraités, volontaires pour venir travailler une ou plusieurs demi-journées par semaine, afin de continuer à exercer, tout en levant le pied.
« Il s’agit de professeurs des universités – praticiens hospitaliers reconnus pour leur expertise académique et hospitalière, au sommet de leurs compétences », explique Jérémy Renard, entrepreneur et cofondateur du centre.
À l’origine du projet, deux médecins, le hépato-gastroentérologue Yvon Calmus et le gynécologue obstétricien Dipak Mandjee, qui l’ont contacté en 2020 afin de solliciter son accompagnement. Plutôt que de partir en retraite, pourquoi ne pas continuer, lorsque, faute de praticiens, il est devenu impossible de trouver un médecin disponible ? Les trois porteurs de projet ont ensuite cherché des partenaires, sollicité des aides, trouvé des locaux. La création du centre parisien représente un coût total d’un million d’euros, financés grâce au soutien de la fondation Vallet (privé), mais aussi d’acteurs publics : la Mairie de Paris, la Région et l’ARS IDF.
Plus de 15 000 consultation en un an
Aujourd’hui, le centre est fonctionnel et le modèle duplicable : une antenne est en cours d’ouverture à Grenoble, des projets en réflexion à Toulouse et Carcassonne. « On compte en France, 6 000 à 8 000 médecins retraités chaque année, ce qui fait 50 000 médecins prêts à servir le système de santé », poursuit Jérémy Renard.
En 2025, 15 000 consultations en secteur 1 (sans dépassement d’honoraires) ont été proposées, le double est prévu pour 2026. Un espoir pour l’avenir, du moins « s’il reste possible de cumuler emploi et retraite » veut croire Jérémy Renard. Lequel milite pour mettre en place le « volontariat du médecin retraité », un statut plus adapté, inspiré du VIE.
Pourquoi ce nom ?
Le Centre porte le nom d’Odon Vallet, qui, en 1999, a légué l’intégralité de son héritage à une fondation dédiée à l’éducation des plus démunis. Dans son sillage, « nous nous efforçons de repenser les modèles établis en concevant de nouvelles approches de soins, en proposant des modèles de retraite flexibles pour des médecins passionnés, et en contribuant au progrès médical grâce à la recherche en MedTech », expliquent les fondateurs du Centre.







