Déserts médicaux : Des amis à l’origine de la maison BEMSON
Agnès Morel
En 2023, la Maison de santé pluridisciplinaire BEMSON s’est ouverte au milieu des tours, à Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise), à l’initiative d’une dizaine de jeunes professionnels de santé rencontrés sur les bancs de l’université.
C’est sur les bancs de l’université Paris-Sorbonne Nord que le groupe d’étudiants a monté son projet. « Kinés, généralistes, radiologues… nous passions tout notre temps ensemble, et nous avions tous envie de nous installer en libéral, mais en groupe », raconte Thomas Berbak, 33 ans, médecin généraliste originaire de Gonesse. Malgré leur motivation, aucune commune ne les prend au sérieux, jusqu’à ce que le jeune homme, après avoir disputé un match de Futsal dans l’équipe de Garges-lès-Gonesse, n’en parle à l’élu des sports… qui devient maire peu après. Comme les deux tiers de l’Île-de-France, la commune se situe en Zone d’intervention prioritaire : le projet est lancé, des locaux choisis.

Fin 2023, après plusieurs mois de travaux, financés grâce à son apport personnel, mais aussi grâce à 400 000 euros d’aide apportés par l’ARS et la Région, l’équipe s’installe dans un bâtiment de 1 300 mètres carrés, avec plateaux techniques de kinésithérapie et d’imagerie médicale, au milieu des tours du quartier des Basses-Bauves. Deux ans après son ouverture, la maison de santé BEMSON ne désemplit pas : plus de 15 000 consultations sont assurées par an, dans plusieurs langues (arabe, urdu, turc…). Ce sont au total plus de 30 professionnels, kinésithérapeutes, infirmiers, spécialistes, généralistes, qui accueillent les patients, week-end compris, pour des consultations classiques ou des soins non programmés (urgences légères). Il existe aussi, pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer, des consultations en vidéo et des visites à domicile.
Une maison de santé née sur les bancs de la fac
Pour le patient, c’est l’assurance d’être soigné, sans avoir à chercher un médecin disponible. « Pour le médecin, c’est très rassurant de savoir qu’on n’est pas seul à prendre en charge un patient », explique Thomas Berbak.
« À la moindre question, au moindre doute, ne serait-ce que pour distinguer une entorse d’une fracture chez un enfant, on sait qu’on peut proposer une radio et solliciter l’avis d’un confrère, pédiatre, chirurgien orthopédiste, etc., juste en toquant à la porte d’à côté. »
Depuis, l’équipe propose d’accompagner la nouvelle génération dans cette voie. « Nous n’avons pas de place à proposer aux stagiaires qui souhaitent nous rejoindre et s’installer avec nous, mais nous pouvons leur donner le mode d’emploi pour monter leur propre maison de santé », explique le médecin, qui a pris la tête de la CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) du Val d’Oise, une association visant à améliorer l’offre de soins, localement.
« Nous savons quels sont les besoins dans les collectivités, quels sont les locaux disponibles, qui contacter… » Un accompagnement qui porte ses fruits : deux maisons de santé sont actuellement en développement.







