100 milliards investis sur 5 ans annoncés au Printemps des Territoires
Ce 14 mai se tenait au Centquatre-Paris la sixième édition du Printemps des Territoires, grand espace de rencontre et de dialogue imaginé par la banque des Territoires pour « partager et continuer à construire les territoires de demain ».
Eric Lanoë - Philippe Martin
Pour Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires (par interim) depuis janvier, il s’agissait donc d’un véritable baptême du feu dont il s’est brillamment sorti, tant cette édition fut riche en conférences, ateliers et temps forts qui ont retenu toute une journée une foule compacte de participants aux conversations passionnées, déambulant depuis l’agora des plénières jusqu’au village des exposants.

Problématique de l’urbanisation, besoins en logements sociaux et logements étudiants, réhabilitation climatique des bâtiments publics, décarbonation des transports, gestion de l’eau, de la santé : aucun thème lié à la transformation écologique des territoires n’aura été éludé, et les nombreux ministres, responsables régionaux, entrepreneurs et experts qui se sont succédé lors des multiples tables rondes ont dans l’ensemble davantage insisté sur les solutions que sur l’ampleur des défis. Cet angle a été mis en avant par les organisateurs dont la volonté était de faire « découvrir des initiatives inspirantes et partager des retours d’expérience ».
Sécuriser les français, sécuriser les opérations
C’est ainsi qu’Olivier Sichel, Directeur Général de la Caisse des Dépôts et ancien directeur de la Banque des Territoires, a ramené cette feuille de route à l’essence même de la mission de son établissement : sécuriser les français, sécuriser les opérations. Dans un contexte fait de menaces, la transformation écologique est obligatoire ; il faut un monde qui pollue moins et les territoires ont leur rôle à jouer : transports, éclairage public, rénovation des écoles, des logements, introduction du numérique… Olivier Sichel en a profité pour annoncer une enveloppe de 100 milliards sur 5 ans, à destination des territoires, pour accompagner cette nécessaire transformation écologique ; une illustration de la volonté de faire primer les solutions sur les problèmes…

Un coût de l’inaction pharaonique
Autre temps fort, l’intervention d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, qui a d’abord brossé à grands traits un tableau plutôt sombre : on doit lutter contre le réchauffement climatique pour notre survie et non pour celle de la planète car elle nous survivra ; 70% de la biodiversité animal a disparue en 50 ans ; davantage de pollution signifie davantage de maladies ; le coût de l’inaction est 10 à 100 fois supérieur au coût de l’action, donc si rien n’est fait ce sera encore pire. Ces principes étant posés, la ministre s’est ensuite empressé de lister toutes les initiatives – et leur financement – qui sont ou vont être déployées : plan pour sobriété énergétique, déploiement d’un plan eau comprenant une vigilance accrue concernant l’accès à l’eau potable, gestion du foncier, solutions fondées sur les bienfaits de la nature et la restauration de la biodiversité, actions pour la diminution des gaz à effet de serre, recyclage du plastique (la France est en 26ème position sur 27 au sein de l’UE, des progrès sont à faire !).

Vers une consultation sur la restauration de la nature
Agnès Pannier-Runacher en a profité pour annoncer l’ouverture fin mai d’une consultation sur la restauration de la nature et le prochain lancement d’un plan de lutte contre la pollution plastique. En conclusion, elle a insisté sur l’importance d’une écologie des solutions, d’une écologie populaire, et d’une écologie territorialisée. Un programme ambitieux mais nécessaire, qui confirme ainsi que le Printemps des Territoires est devenu un grand espace vert…
Retrouver l’essentiel de cette journée sur le site de la Banque des Territoires :
https://www.banquedesterritoires.fr/printemps-des-territoires-2025-une-journée-collective
