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Propos recueillis par Philippe Martin
17 mai 2018
Homepage : Francis Morel et Maurice Levy sont à l’origine de cette manifestation unique. Ci-dessus : Maurice Lévy a présidé le groupe Publicis durant plus de trente ans. © Arthur Delloye

“Nous voulons encore plus de Régions !”

Trois questions à Maurice Lévy, cofondateur de VivaTech.

L’idée, il l’avait en tête depuis longtemps. Mais pouvait-il imaginer le succès fulgurant de VivaTech ? Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis Groupe, explique à Régions Magazine la recette de ce succès.

Régions Magazine : Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous lancer dans cette aventure ?

Maurice Lévy : Dès 2005 j’avais ce désir de cristalliser les énergies, pour montrer qu’il se passait des choses importantes en France dans le domaine du numérique et des nouvelles technologies, en créant un événement autour de ce phénomène. Mais l’explosion de la bulle internet et la crise ont retardé ce projet. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, m’a ensuite demandé de réfléchir à un “e-G8”, afin de réunir la sphère de l’internet en présence de quelques très grandes pointures internationales. Nous l’avons organisé, et nous avons présenté nos conclusions lors du G8 de Deauville, en 2011. Mais dès ce moment-là, j’imaginais quelque chose de plus grand. J’ai rencontré Francis Morel, patron du groupe Les Échos, qui avait une vision un peu différente de la mienne. Et de la confrontation de nos idées est né VivaTech, avec la suite que l’on connaît : un vrai succès la première année, confirmé lors de l’édition suivante, et on l’espère la consécration en 2018.

Régions Magazine : Comment expliquez-vous ce succès fulgurant ?

ML : Je pense que l’événement était attendu, répondait à un vrai besoin. Nous avons bénéficié du soutien actif de François Hollande et son ministre de l’Économie Emmanuel Macron, qui avait passé près de quatre heures à VivaTech, et dont nous espérons encore la présence cette année.Je crois aussi que nous avons trouvé le bon concept. Nous n’avons pas voulu copier le CES de Las Vegas, tout en conservant son côté “exposition universelle des technologies et des innovations”. Nous n’avons pas non plus voulu imiter le Forum de Davos, mais nous avons gardé les conférences données par des personnalités de premier plan.Nous avons surtout voulu célébrer les start-ups, qui ont compris que c’était en quelque sorte leur fête. Et puis nous avons pu compter sur l’implication de nos régions.

Régions Magazine : Comment cela s’est-il passé avec les Régions ?

ML : Nous sommes tout simplement allés frapper à leur porte, en leur expliquant l’importance pour elles d’être présentes sur un tel événement, une vitrine extraordinaire pour montrer leur créativité et celle de leurs entreprises. Elles ont très vite suivi, la Nouvelle-Aquitaine, PACA, l’Île-de-France. Cette année, Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val-de-Loire sont partenaires premium. Mais nous voulons aller plus loin. Nous attendons encore davantage de nos régions. D’abord, qu’elles convainquent un maximum de leurs start-ups de venir sur l’événement. Ensuite, et c’est très important à mes yeux, qu’elles amènent et qu’elles accompagnent à VivaTech le plus grand nombre possible de leurs jeunes étudiants. Imaginez-vous : Il y avait 1.500 investisseurs l’an dernier, et nous comptons bien faire exploser ce chiffre cette année. Il y a des idées, de l’argent, des partenariats qui se nouent, des intervenants d’un niveau exceptionnel qui constituent une sorte de masterclass à laquelle les étudiants n’auraient jamais la possibilité d’accéder. Il faut donc que les jeunes s’approprient VivaTech, et que les Régions aillent encore plus loin avec nous. Songez qu’il y avait 1.500 journalistes l’an dernier, davantage encore cette année : je crois qu’on peut dire qu’à VivaTech, c’est le monde qui vient à nous.

 


VivaTech en chiffres

2

journées professionnelles le 24 et 25 mai, plus une journée ouverte au grand public le samedi 26 mai, à la porte de Versailles.

6.000

start-ups, 1.500 investisseurs

23

Labs sectoriels.

150

conférences réparties sur huit cycles, avec 35 % d’intervenants femmes.

100

challenges thématiques, 4.000 candidatures dont 55 % de start-ups internationales

1

Lab entièrement dédié à l’Afrique, Africa@tech, 100 start-ups africaines attendues.

10

pavillons-pays, dont l’Italie, la Corée, Israël, la Suède, la Tunisie, le Maroc.

100

start-up israéliennes attendues.

300

“meet-ups” organisées dans le cadre du “Viva Tour”, 24 étapes à travers les régions françaises et à l’étranger, pour présenter Viva Tech.

8.418

Start-ups ont candidaté pour les “Challenges start-ups de Viva Technology” 2018.

1.012

ont été sélectionnées, avec 95 nationalités représentées.

5

domaines d’activité sont les plus représentés, un classement représentatif des grands enjeux sectoriels : l’intelligence artificielle, l’Internet des objets, la réalité virtuelle et la réalité augmentée, les RH et le travail du futur, et l’expérience client et utilisateur.

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