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20 avril 2018
Homepage : Signature du nouveau contrat triennal "Strasbourg, capitale européenne" en présence du président de la République et du président de la région Grand Est Jean Rottner, en train de signer. Ci-dessus : Emmanuel Macron lors de son intervention au Parlement européen, à Strasbourg.

Le retour de l’Alsace unie ?

A l’occasion de son déplacement dans le Grand Est, Emmanuel Macron a émis l’hypothèse de la création “d’un grand département d’Alsace43.

Les Alsaciens avaient voté contre il y a quatre ans, Emmanuel Macron a remis sur le tapis l’hypothèse de la réunification d’un grand département d’Alsace au sein de la région Grand-Est, à l’occasion de son déplacement dans la région le 18 avril.

Après avoir prononcé un discours devant le Parlement européen à Strasbourg, le chef de l’Etat a poursuivi son déplacement en émettant l’hypothèse de la réunification des deux départements alsaciens, tout en excluant leur sortie de la région Grand Est. « Qu’il y ait une réflexion pour qu’existe une identité alsacienne qui s’inscrive dans la région Grand Est, oui. Qu’il y ait une séparation au sein de la région Grand Est, non », a-t-il déclaré.
Début février, le gouvernement a demandé au préfet de Région
Jean-Luc Marx de mener une « réflexion sur l’avenir » de l’Alsace, deux ans après sa fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Le préfet doit remettre ses conclusions d’ici au 20 juin au Premier ministre.
« Je ne céderai pas sur le rôle essentiel de Strasbourg comme ville européenne et ville des institutions européennes », a également affirmé Emmanuel Macron, alors que circule toujours l’hypothèse d’un regroupement des institutions européennes à Bruxelles. Le président de la République a d’ailleurs profité de l’occasion pour signer un nouveau contrat triennal « Strasbourg, capitale européenne ».

Doté d’un budget de 185 M€, ce contrat 2018 -2020 prévoit la réalisation en trois années de nombreux projets. Il renouvelle et confirme l’engagement de l’État et des quatre collectivités partenaires (la région Grand Est, le département du Bas-Rhin, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg), en faveur de quatre priorités d’intervention :

   • améliorer l’accessibilité de la capitale parlementaire de l’Europe ;

   • affirmer Strasbourg comme capitale de la démocratie et des Droits de l’Homme ;

   • agir pour le campus européen de Strasbourg ;

   • renforcer le rayonnement culturel européen de Strasbourg.

La Région Grand Est s’engage à hauteur de 24 M€ pour les trois prochaines années.

L’ensemble de ces projets “concourt à la fois au confortement de Strasbourg dans son rôle de capitale européenne, comme capitale de la Région Grand Est, et au développement de son attractivité en faveur des élus, parlementaires et fonctionnaires internationaux.”

Jean Rottner favorable

Pour sa part le président de la région Grand Est Jean Rottner a tenu à soutenir cette initiative, tout en y apportant sa vision personnelle. “J’entends bien, depuis plusieurs mois, l’expression d’un certain nombre d’élus Alsaciens sur la réforme institutionnelle et sur la place de l’Alsace dans l’organisation administrative de la France. Parallèlement, je perçois clairement le cheminement politique des deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Pour autant, j’entends également le Président de la République qui a été clair dans ses propos : « il n’y aura pas de sortie du Grand Est ».

Le Président Emmanuel Macron préconise en effet la fusion des départements pour redonner à l’Alsace une existence institutionnelle, qu’une partie de la classe politique et des habitants appelle de leurs vœux. Je fais la même préconisation. Mais, au-delà d’une simple fusion des Départements dans une structure unique, au sein du Grand Est, je prône un projet partagé basé sur l’intelligence collective qui doit permettre un conventionnement entre les différentes collectivités concernées. C’est dans ce cadre que j’entends avancer. Prenant acte de l’avis du Conseil d’Etat du 7 décembre dernier qui rappelle qu’une collectivité ne peut réclamer ou revendiquer des compétences d’une collectivité d’un autre échelon de collectivité, nous devons collectivement nous montrer agiles, intelligents et constructifs pour imaginer un nouveau mode de fonctionnement qui puisse répondre aux attentes de chacun tout en restant dans le cadre fixé par la Loi.

Dès lors, et comme je l’ai déjà proposé le 26 janvier dernier, malheureusement en vain, aux deux Présidents des Conseils Départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, nous devons désormais travailler conjointement pour établir des conventionnements formels et opérationnels entre les collectivités concernées dans des domaines ciblés.

En effet, Président de la Région Grand Est, je mets tout en œuvre en œuvre, avec mon équipe, pour déployer des dispositifs utiles aux acteurs et aux habitants du Grand Est dans le respect des compétences confiées aux Régions par la Loi NOTRe, sans exclusive et sur l’ensemble du territoire régional. C’est dans ce cadre que je veux permettre au débat d’évoluer. L’Alsace mérite mieux qu’un débat qui fracture au sein du Grand Est. Ce n’est pas au niveau d’un territoire qui a vocation à jouer les premiers rôles au sein de l’Europe de l’innovation, de la transition énergétique, des mobilités et sur tant d’autres domaines où nous avons des atouts formidables à faire valoir…. Ne perdons jamais de vue que La Région Grand Est est un atout pour l’Alsace tout comme l’Alsace est un atout pour la Région Grand Est”, a-t-il conclu.

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