Réduction des mégots mal jetés : comment mieux accompagner les territoires ?
Article partenaire. Depuis 2021, l’éco-organisme Alcome, agréé par l’État dans le cadre de la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les produits du tabac, accompagne les collectivités locales dans leurs politiques de prévention et de réduction de la pollution liée aux mégots.
Eric Lanoë
En France, le mégot est l’un des déchets les plus présents dans l’espace public. On en retrouve en moyenne 1,3 tous les dix mètres de voirie, selon l’étude de gisement réalisée par Alcome. Issu d’un filtre composé d’acétate de cellulose – un plastique qui peut mettre plus de 10 ans à se dégrader – ce déchet constitue un enjeu environnemental majeur pour les collectivités.
Face à la montée des attentes citoyennes en matière de propreté urbaine, aux coûts croissants de nettoyage et à la nécessité de préserver les milieux naturels, Alcome élargit son offre. L’éco-organisme propose depuis octobre un nouveau mode de contractualisation destiné aux petites communes et aux intercommunalités (EPCI). Une évolution majeure qui répond à plusieurs attentes des élus locaux : simplification administrative, mutualisation des moyens, renforcement de la prévention et cohérence territoriale renforcée.

Un enjeu environnemental et de propreté – une priorité pour les collectivités
Si un mégot mal jeté est problématique, c’est parce qu’il conjugue trois caractéristiques : il est jeté massivement au sol, très lent à disparaître, et surtout, très polluant. Qu’il soit abandonné dans une rue, sur un trottoir ou dans un caniveau, il peut rapidement être entraîné par les eaux de pluie vers les milieux aquatiques.
Au-delà de la question esthétique des espaces publics, les collectivités font face à un défi environnemental, mais aussi économique : les opérations de balayage, de collecte et de nettoyage mobilisent des moyens humains et financiers importants. Pour les petites communes, l’enjeu est d’autant plus contraignant qu’elles disposent souvent de ressources limitées pour engager des campagnes de prévention ou déployer les dispositifs adaptés.
Depuis son agrément, Alcome soutient les territoires à travers des actions de sensibilisation, l’installation de dispositifs de collecte (cendriers de rue, éteignoirs à fixer sur les corbeilles), la mise à disposition de cendriers de poche, et un appui financier permettant de structurer une véritable stratégie locale. Plus de 1 800 communes ont déjà contractualisé, témoignant de l’intérêt croissant pour cet accompagnement.

Les EPCI, de nouveaux acteurs centraux de la réduction des mégots
Jusqu’à récemment, une commune devait contractualiser individuellement avec Alcome. Or, dans de nombreux territoires, la propreté et la gestion des déchets font déjà l’objet d’une coopération au niveau intercommunal. C’est dans ce contexte qu’Alcome a développé un nouveau contrat spécifiquement destiné aux communes de moins de 5000 habitants et aux EPCI[1].
Ce dispositif répond à un double objectif :
- offrir un cadre simplifié et mutualisé, plus accessible pour les petites communes qui ne disposent pas toujours des moyens administratifs pour porter seules un contrat ;
- renforcer la cohérence des actions sur un même bassin de vie, là où les mobilités quotidiennes dépassent largement les frontières communales.
L’EPCI devient ainsi l’interlocuteur unique d’Alcome pour la commande des équipements, le suivi des dispositifs de prévention et la gestion des financements. Les communes conservent leurs compétences et le pilotage des actions locales – un point clé, notamment pour les maires attachés à leur rôle en matière de propreté urbaine – tout en bénéficiant d’une organisation plus efficace et d’une capacité d’action renforcée.

Dunkerque : un exemple concret de coordination réussie
La Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) a été la première à tester ce nouveau modèle en 2024. Toutes les communes du territoire ont délibéré pour confier la gestion du contrat à l’EPCI, permettant un pilotage plus structuré des actions de prévention.
Les premiers résultats sont jugés très encourageants :
- un déploiement homogène des dispositifs,
- une communication plus cohérente,
- une mobilisation renforcée lors des événements locaux,
- un impact plus visible auprès des habitants.
Cette expérimentation ouvre la voie à un élargissement du dispositif à d’autres territoires, notamment ruraux, où les logiques de mutualisation sont déjà bien ancrées.
Une stratégie fondée sur la sensibilisation et la compréhension des comportements
Si Alcome mise autant sur la structuration territoriale, c’est parce que la réduction des mégots mal jetés nécessite d’abord un changement de comportement. Pour cela, l’éco-organisme travaille afin d’identifier les leviers les plus efficaces : emplacement des cendriers, formats de communication, présence visuelle des messages, incitations douces (nudges).

Les campagnes de sensibilisation d’Alcome – nationales ou locales – visent également à rappeler des réalités encore largement méconnues :
- le filtre n’est pas en coton mais en plastique,
- il persiste plus de 10 ans dans l’environnement,
- il se concentre dans des zones identifiées, où l’on retrouve en moyenne 1,3 mégot tous les dix mètres.
Cette pédagogie, fondée sur des données scientifiques et territoriales, permet d’adapter les dispositifs aux usages réels des habitants.
Vers une montée en puissance de l’accompagnement territorial
Avec ses nouveaux contrats et l’élargissement de ses offres, Alcome entend accompagner davantage de collectivités dans les années à venir. L’éco-organisme vise à terme une couverture de 90 % du territoire afin de structurer une action cohérente à l’échelle nationale.

Dans les régions, la montée en puissance des EPCI comme relais opérationnels pourrait transformer durablement la manière d’aborder la propreté urbaine et la prévention environnementale. Les élus locaux disposent désormais d’un outil concret, adossé à une filière REP robuste, pour faire reculer la présence des mégots dans l’espace public.
Pour en savoir plus : alcome.eco
[1] Les EPCI disposant de la compétence « propreté » étant déjà concernées par le contrat Alcome, ce sont aujourd’hui les EPCI à compétence « collecte de déchets » qui sont désormais également inclus dans le dispositif.
