Pourquoi le Cerema chasse les eaux usées
Le programme REUT (Réutilisation des eaux usées traitées) en milieu littoral, piloté par le Cerema, gagne du terrain. Un dispositif essentiel quand l’eau vient à se raréfier.
Philippe Martin
Dites trente-trois. Elles sont désormais 33 collectivités à avoir intégré le programme REUT (Réutilisation des eaux usées traitées) littoral, lancé par le Cerema et l’ANEL (Association nationale des élus du littoral), afin de les accompagner dans cette démarche environnementale de première importance, face à la raréfaction des ressources en eau et aux épisodes de sécheresse. Et qui s’inscrit pleinement dans le “Plan Eau” lancé par l’État en 2023.
Décupler la récupération d’eau
L’objectif est, d’ici à 2030, de multiplier par dix le volume d’eaux usées traitées et réutilisées pour d’autres usages, en récupérant les eaux sortant des stations d’épuration pour certains usages non-domestiques, et consommant aujourd’hui de l’eau potable (nettoyage des voiries, arrosage des espaces verts, etc.)

Il s’agit en l’occurrence d’accélérer la mise en œuvre de projets de REUT sur les territoires littoraux, là où cette ressource d’eau douce est rejetée à la mer et ne participe pas à l’alimentation des cours d’eau. Les objectifs du Cerema sont triples : favoriser la mise en œuvre de la REUT, accompagner les collectivités dans la réalisation d’études, et rassembler les retours d’expérience pour développer des outils pratiques à destination des collectivités concernées.
Ouvrir les vannes des financements
Concrètement, l’appui du Cerema réunit un appui technique global mais aussi personnalisé ; un accompagnement au montage des subventions, permettant de faire financer jusqu’à 80 % ces études par les Agences de l’Eau, la Banque des Territoire et l’Office Français de la Biodiversité ; et la mise en place d’une véritable dynamique territoriale autour de la REUT en littoral.
21 nouvelles collectivités viennent donc de rejoindre le dispositif déjà en place dans les 12 premières. Elles viennent par exemple des Hauts-de-France (Syndicat mixte de la Somme Ameva) ou de Bretagne (communauté d’agglo de Saint-Brieuc Armor), des Pays de la Loire (Département de Vendée) ou d’Occitanie (Communauté d’agglo Le Grand Narbonne), de Corse (Calvi, Ghisonaccia) ou d’Outremer (Syndicat de la gestion de l’eau en Guadeloupe, Communauté d’agglo du Centre Littoral de Guyane, Régie des Eaux de Martinique).
Et elles couvrent désormais l’ensemble des façades littorales de notre pays. La chasse aux eaux usées s’organise.
