Normandie : c’est parti pour l’autoroute multimodale Cherbourg Espagne !
C’est une initiative qui marque une étape majeure pour l’avenir du fret en France en favorisant le report modal vers le rail et la mer : le terminal de ferroutage du Port de Cherbourg a été inauguré en présence de nombreuses personnalités. Il permet l’ouverture d’une nouvelle autoroute multimodale entre Cherbourg et Mouguerre (Pyrénées Atlantiques), reliant l’Espagne aux îles britanniques.
Philippe Martin
Après 17 mois de travaux, le terminal de ferroutage de Cherbourg, a été achevé fin 2024 et le 20 mai 2025, un premier train acheminant des remorques chargées de marchandises est arrivé au port de Cherbourg. Il permet de recevoir des trains jusqu’à 750 m de long et de charger/décharger 12 remorques simultanément.

En investissant dans un terminal ferroutage, Ports de Normandie et son délégataire Cherbourg Port répondent en offrant aux transporteurs routiers une solution multimodale alternative et complémentaire à la traction routière. Par ce biais, ils engagent également une première étape vers la décarbonation de l’activité portuaire. Ils affirment enfin leur volonté d’étendre la zone d’influence du port en Espagne, en Irlande et au Royaume-Uni.
90 000 remorques par an échangées avec les îles britanniques
Le terminal de Cherbourg a traité 91.866 remorques en 2024, dont 84.500 à destination ou en provenance de l’Irlande. Depuis 2021, le port s’est affirmé comme une plateforme stratégique pour les échanges avec les îles britanniques, avec un trafic annuel stabilisé autour de 90.000 remorques.
Cette construction représente un investissement total de 11,2 M€, financé par la Région Normandie (2,9 M€), le Département de la Manche (1 M€), la Communauté d’agglomération du Cotentin (340 K€), les Redevances avancées par Ports de Normandie (5,5 M€) ; l’Union Européenne (1,4 M€).

À cela s’ajoute un investissement complémentaire en équipement et superstructure de 4 M€ de la SPL Cherbourg Port, société composée de Ports de Normandie (et du Cotentin).
Enfin, l’État, Ports de Normandie et les collectivités ont participé à la régénération de la voie ferrée, d’un coût de 3,9 M€ :
Pensé dans une logique de réduction des émissions de CO₂, le projet d’autoroute ferroviaire de Brittany Ferries permettra, à terme, de transférer jusqu’à 25.000 remorques par an de la route vers le rail et la mer, évitant ainsi des milliers de trajets routiers longue distance.
Premier transport de semi-remorques sur l’axe Atlantique en France
La mise en service progressive de l’offre doit permettre d’atteindre 6 aller-retour par semaine à compter de septembre 2025.A l’horizon 2030, l’objectif fixé par Brittany Ferries est clair : proposer une offre régulière d’un aller-retour ferroviaire quotidien, opérée par deux rames, soit 320 allers-retours annuels.
Pour Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports : « En permettant de lancer une liaison de transport supplémentaire au départ de Cherbourg, le nouveau terminal de ferroutage renforce le positionnement stratégique de nos ports dans le fret européen. Cette autoroute multimodale, opérée par Brittany Ferries, constitue également un service pionnier : le premier transport de semi-remorques sur l’axe Atlantique en France, corridor majeur du trafic de marchandises. »
Hervé Morin, président de Ports de Normandie, et de la Région Normandie : « Cet ambitieux projet va permettre d’élargir l’hinterland du Port de Cherbourg et ainsi poursuivre son développement, sans compromettre le trafic transmanche dans les autres ports normands, mais en offrant une alternative complémentaire et respectueuse de l’environnement. »
