Les Régions réclament des moyens face à la canicule… et un arrêt des coupes budgétaires du gouvernement
Philippe Martin
Adaptation des lycées aux canicules, soutien à l’agriculture et finances locales : les Régions dénoncent les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement et alertent sur leurs conséquences pour l’investissement dans les territoires.
On pouvait s’y attendre : pas plus que les autres strates de collectivités territoriales, les Régions n’ont guère apprécié les annonces budgétaires du Premier ministre Sébastien Lecornu. Et elles l’ont fait savoir, haut et fort.
D’abord sous forme d’une conférence de presse tenue au siège de Régions de France par la présidente Carole Delga et le vice-président de RdF François Bonneau. Le thème initial : les manifestations lycéennes et les annonces gouvernementales à ce sujet. Après avoir condamné les violences commises dans les établissements, les deux présidents de Région ont rappelé leurs principales demandes, restées sans réponse : le transfert complet de l’orientations scolaire (réclamé depuis cinq ans), mais aussi un grand plan d’adaptation aux épisodes caniculaires. Régions de France souhaite à ce sujet la création d’un “Fonds vert national” dédié au rafraîchissement des lycées, ainsi qu’à tout établissement accueillant du public (Ehpad, hôpitaux, autres établissements scolaires).
Les présidents de Région revendiquent aussi un « allègement des contraintes administratives » : un an de démarches au minimum avant de commencer des travaux, cinq ans de démarches avant de commencer à construire un nouveau lycée… Et de rappeler au passage que « les dépenses consacrées à l’éducation dans leurs budgets ont augmenté de 20 % en dix ans, alors que le gouvernement se livre à un matraquage budgétaire : 1,7 milliard d’euros de dotation en moins sur deux ans, un milliard supplémentaire si le PLF 2027 reste en l’état »…
Canicule, agriculture, investissement : les Régions réclament des moyens à la hauteur des enjeux
Lors d’une réunion du club parlementaire des Régions, tenue le lendemain à la Maison de la Région Grand Est, Carole Delga a rappelé que « le Gouvernement ne peut pas demander aux Régions d’accélérer la rénovation du bâti scolaire tout en sacrifiant leur financement avec une baisse du FCTVA, et en excluant la rénovation énergétique des lycées du taux bonifié vert ».
Mais elle a aussi évoqué la situation de l’agriculture : « À l’issue d’un été catastrophique pour nos agriculteurs et après l’annonce de la suppression brutale de 100 M€ de dotations annuelles FEADER aux Régions », elle a réaffirmé « son incompréhension face à un Gouvernement qui choisit de tourner le dos aux agriculteurs ».
Enfin, s’agissant du PLF, la présidente de la Région Occitanie a asséné : « L’effort demandé au bloc local atteindrait 7 Md€. Les Régions en supporteraient 20 %, alors même qu’elles ne pèsent que 12 % des dépenses de fonctionnement locales et 1 % de la dette publique. L’investissement régional a déjà reculé de 1,3 Md€ en 2025 (-8,6 %) et si le Gouvernement devait s’entêter sur un budget 2027 particulièrement inéquitable pour les Régions, il compromettrait la dynamique d’investissement indispensable à la croissance de demain ».
Et de conclure : « Le redressement des comptes publics passe par une réforme de l’État, et non par l’arrêt de l’investissement dans les lycées, les mobilités, la transition énergétique ou le soutien à l’industrie, la formation et l’emploi. »