Le premier TER ouvert à la concurrence
C’est un petit événement dans l’histoire du ferroviaire français : la Région Sud a officiellement lancé le 14 février la première ligne de trains express régionaux (TER) ouverte à la concurrence en France.
Philippe Martin
Depuis le 15 décembre dernier, l’exploitation de la ligne Cannes-Nice-Menton a été confiée à l’opérateur privé Sud Azur, filiale de SNCF Voyageurs, sélectionnée après un appel d’offres. Cette initiative marque une avancée significative dans la libéralisation du réseau ferroviaire français, prévue pour s’étendre à toutes les lignes TER d’ici 2034.
La nouvelle offre propose un train toutes les 15 minutes en journée, de 5h45 à 22h, et un service étendu le week-end avec des circulations jusqu’à 2h du matin. La flotte comprend 22 rames rénovées pour un investissement de 164 M€, entièrement financé par la Région. L’amélioration du service repose aussi sur un nouveau centre de supervision et de maintenance basé à Nice, coûtant 62 M€, visant à optimiser la gestion des lignes et des horaires.
Philippe Tabarot, nouveau ministre chargé des Transports, mais aussi ancien vice-président Transports de la Région Sud, était évidemment doublements satisfait du lancement de ce projet initié en 2019. Aujourd’hui, les premières répercussions sont visibles : un train toutes les 15 minutes en journée entre Cannes, Nice et Menton, facilitant les déplacements quotidiens ; des trains de nuit jusqu’à 2h du matin les week-ends, une vraie révolution pour les noctambules ; des rames modernisées pour un meilleur confort des voyageurs…
Une offre ferroviaire plus compétitive
Avec cette ouverture à la concurrence, la Région Sud précède de dix ans l’obligation nationale fixée à 2034. L’initiative a déjà porté ses fruits, avec une augmentation de la fréquentation de 10 % et un taux de régularité de 97 %. Des chiffres qui pourraient inspirer d’autres régions dans leur transition vers une offre ferroviaire plus compétitive et qualitative. Avec la Région Sud, ce sont au total sept régions de France qui sont aujourd’hui engagées dans des procédures d’ouverture de leur réseau TER à la concurrence.
« une nouvelle page de l’histoire du ferroviaire en France »
« Promesse tenue : un service de transport de meilleure qualité, plus ponctuel et plus adapté aux besoins des usagers », s’est félicité Renaud Muselier, le président de la Région Sud. « Nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle page de l’histoire du ferroviaire en France », a complété pour sa part Christophe Fanichet, président-directeur général de SNCF Voyageurs.
« L’ouverture à la concurrence est un levier puissant pour améliorer la qualité de service aux usagers, priorité que j’ai placée au centre de mon action en tant que ministre. Je forme le vœu que l’expérience pionnière de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur puisse être utile à d’autres régions à l’approche de l’échéance de 2034 », a conclu Philippe Tabarot.
