Le défi de la gestion de l’eau, symbole du changement climatique dans les territoires
L’avant-dernière table ronde du cycle « Matinales Prospective » organisé par la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale avec le concours du Cerema, de Quaero capital, et de la Banque des Territoires, était consacré à l’usage de l’eau en période de stress climatique grandissant.
Eric Lanoe
Animé par Gilles Pennequin Directeur de la prospective au Cerema, le débat autour du stress hydrique a confirmé le constat assez préoccupant quant au futurs usages de l’eau, alors que le réchauffement climatique est en marche. Les intervenants présents ou à distance ont apporté leur éclairage et expérience sur cette question : Géraldine Rollin, Directrice d’investissement Eau & Assainissement à la Banque des Territoires ; Jean-Baptiste Gueusquin, Directeur du programme Territoires d’industrie à l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires ; Sébastien Dupray, Directeur Risques, Eaux et Maritime au Cerema ; Emma Haziza, Hydrologue, Fondatrice du Mayane Resilience Center ; et Bénédicte Peyrol, Directrice de la soutenabilité et des affaires publiques à la Saur.

Première constatation : la prise de conscience de la question de l’eau n’est toujours pas assez forte malgré une sensibilisation accrue des populations. Alors que c’est le préalable à toute forme de vie, l’eau continue à être considérée comme un bien inépuisable, plutôt bon marché, bien en deçà de sa réelle valeur. Une première mesure symbolique forte pourrait consister à reconnaître l’eau comme une ressource rare, lui permettant ainsi d’atteindre une réelle place dans des programmes de sauvegardes des matières premières à protéger, à l’échelle mondiale.
Un autre élément important est de bien considérer la complexité du sujet et sa diversité selon les territoires. Le stress de l’eau recouvre en fait non seulement la survenance de plus en plus fréquente de sécheresses et pénuries, mais aussi le phénomène de surabondance de l’eau, associée par exemple à la multiplication des zones inondées lors de fortes précipitations, ou encore au phénomène du recul du trait de côte marin. Les problématiques sont nombreuses et parfois opposées.
Bonnes mesures
Parmi les points mis en avant lors des échanges figure la problématique de la mesure des usages actuels et de leurs projections. Les outils disponibles sont nombreux, sans doute serait-il nécessaire de mieux développer les partenariats public-privé pour consolider les mesures et les efforts. Le tout afin de mieux adhérer aux besoins.
Et puis il est également nécessaire de considérer le consommateur quel qu’il soit : mieux regarder le besoin des entreprises industrielles surtout dans la perspective de la réindustrialisation des territoires, probablement reconsidérer certains schémas de production agricole (25% de la consommation d’eau nationale est dédié à la culture du maïs), et surtout faire un effort de sensibilisation majeur auprès du consommateur final, afin de provoquer une nécessaire prise de conscience sans générer de culpabilisation. Un vrai défi.
Pour voir ou revoir cette conférence, c’est ici : https://www.youtube.com/watch?v=fo403-A_23g
La prochaine et dernière table ronde du Cycle « Matinales Prospective » aura lieu le 9 juillet et portera sur les apports de l’intelligence artificielle dans l’adaptation. Information et inscription : https://industrienationale.fr/evenement/matinales-prospective-quelles-adaptations-au-changement-climatique-dans-les-territoires-5-5/
