Le Comité européen des régions met à l’honneur le maire d’Istanbul, actuellement emprisonné
Pour « sa défense inébranlable de la démocratie, de la solidarité et de l’indépendance des collectivités locales face aux tendances autocratiques et aux tentatives de disqualification », Ekrem İmamoğlu, le maire d’Istanbul, a reçu la cinquième édition du Prix du maire Paweł Adamowicz.
Philippe Martin
Le prix, créé pour promouvoir l’héritage du maire de Gdansk assassiné le 14 janvier 2019, sera remis lors de la session plénière du Comité européen des régions à Bruxelles les 4 et 5 mars.
Ekrem İmamoğlu a été maire d’Istanbul de 2019 à mars 2025. En mars 2025, alors qu’il est sur le point d’être désigné comme candidat à la présidentielle de 2028 et qu’il fait figure de favori face au président sortant Recep Tayyip Erdoğan, son diplôme universitaire, nécessaire à sa candidature, est invalidé par l’université d’Istanbul, le rendant inéligible.
Il est arrêté le lendemain pour des accusations de corruption qu’il nie. Son arrestation provoque des manifestations massives de l’opposition turque. Détenu à la prison de Slivri, il risque jusqu’à 2.430 années de prison.

Selon le jury qui lui a décerné ce prix, Ekrem İmamoğlu « a constamment promu des politiques urbaines inclusives et transparentes et s’est battu pour les droits démocratiques au niveau local. Il a été arrêté et destitué de ses fonctions le 19 mars 2025, avec plus de 100 responsables municipaux pour des accusations à motivation politique. 27 autres maires ont été destitués par les gouvernements turcs, dont 11 ont été remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement ».
Les arrestations des maires d’opposition ont été condamnées par le CdR ainsi que par le Parlement européen et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe.
Luttes contre l’autocratie, l’intolérance, les discours de haine et la xénophobie
Le prix du maire Paweł Adamowicz a été créé par le Comité européen des régions en coopération avec la ville de Gdańsk et le Réseau international des villes de refuge (ICORN). Il est décerné à des dirigeants locaux – en politique ou dans la société civile – « qui luttent contre l’autocratie, l’intolérance, les discours de haine et la xénophobie. Il salue le travail de tous les élus, fonctionnaires, organisations et citoyens ordinaires qui, malgré les menaces, œuvrent pour faire fonctionner la démocratie au niveau local, en soutenant des communautés meilleures et plus ouvertes. »
Le jury a également décidé d’accorder une reconnaissance spéciale à Mary Crilly, fondatrice et directrice du Cork Centre for Sexual Violence. Depuis quatre décennies, Mary Crilly est l’une des figures les plus importantes du mouvement irlandais pour les droits de l’homme, l’égalité et la non-discrimination.
