Au Printemps des Territoires, la banque qui recoud le lien social
Un patron de banque qui fait dans le lyrique, c’est plutôt rare. Sauf s’il s’appelle Olivier Sichel. Le directeur de la Banque des Territoires n’hésite jamais à rappeler que l’établissement public a été créé, non pas pour faire des bénéfices, mais pour accroître ou préserver la cohésion sociale dans notre pays, tout en accélérant sa transition écologique. Et il le fait avec un talent qui emporte tout sur son passage.
Philippe Martin
Dernier exemple en date, lors du troisième Printemps des Territoires organisé au Centquatre à Paris, un lieu idéal pour échanger et faire fructifier les expériences. Dans sa conclusion, Olivier Sichel a rappelé, avec toute la force de sa conviction, que la Banque des Territoires avait été créée pour « recoudre du lien social ».
« Derrière chacune de vos initiatives, et des nôtres, a-t-il lancé aux centaines de participants présents, il y a un toit pour une famille, il y a une usine et de l’emploi, il y a un commerce qui se crée, il y a de la vie qui renaît dans une commune qui se croyait abandonnée ».

Rendant hommage au passage aux élus locaux présents, qu’il s’agisse d’un président de Région comme Loïg-Chesnais-Girard (Bretagne), d’un patron de grande métropole comme Christian Estrosi (Nice), d’un maire de commune moyenne durement touchée par les émeutes comme Gil Averous de Châteauroux, ou de l’édile d’un tout petit village du Massif central.

De son côté, Éric Lombard, directeur général du groupe Caisse des dépôts, a rappelé quelques-unes des plus belles réussites de cette « bataille des territoires » que mène la Banque, filiale de la Caisse, au premier rang desquelles la création de 2.700 “Maisons France Services”, destinées à rapprocher enfin les Français de leurs services publics.
Des plénières pour trouver des solutions depuis les territoires
Mais bien sûr, cette cinquième édition du Printemps des Territoires ne s’est pas contentée d’aligner les discours, bien que ceux de Guillaume Kasbarian, ministre délégué au Logement, ou Jean-Pierre Farandou, président-directeur-général de la SNCF, aient été particulièrement remarqués par leur vigueur et la vision qu’ils y ont déployée. Car la journée a vu se succéder des plénières autour de thèmes comme « penser la ville de demain », « réindustrialiser les territoires pour un futur durable », « installer un mix énergétique pour la souveraineté des territoires », « repenser la gestion de l’eau », « faire évoluer le logement, un impératif social et climatique », « accélérer le basculement vers une mobilité décarbonée », ou encore « favoriser l’accès au service public ».

Autant de thèmes puissants qui recouvrent autant de missions pour la Banque des Territoires. Et autant d’ateliers sur des thèmes on ne peut plus concrets comme la fin des passoires thermiques, le financement de la rénovation des écoles, l’accélération de la rénovation HLM grâce à la data, la revitalisation des friches industrielles, les foncières de redynamisation pour lutter contre la vacance des commerces, ou encore le développement de la télémédecine.
Des exemples ayant donné lieu à de riches échanges, prouvant une nouvelle fois, si besoin en était, que les solutions viennent le plus souvent des territoires, pour peu qu’on se donne la peine de les entendre et de les accompagner avec efficacité. Le rôle même de la Banque de territoires.
