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8 novembre 2018

AFPA : la colère des Régions

Le plan de réorganisation de la formation professionnelle passe difficilement auprès de certains conseils régionaux.

Certes, la dette est importante : au cours des quatre dernières années, l’Agence Nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) a cumulé environ 723 M€ de pertes, et son déficit d’exploitation pour 2018 est estimée à 70 M€. Le plan de réorganisation présenté fin octobre par le gouvernement est cependant du genre brutal : 940 postes supprimés et 38 sites fermés en deux ans, 1.540 suppressions de postes en CDI d’ici fin 2020, sur un effectif total de 8.000 salariés. La purge est amère, et le “plan de sauvegarde de l’emploi” présenté au Comité central le 18 octobre ne passe pas, ni auprès des syndicats, ni auprès de certaines Régions. L’idée générale du plan, à savoir d’abandonner les formations qui ne répondent plus aux besoins, d’“adapter l’organisation pédagogique de la structure à la demande et de s’orienter vers une offre plus mobile et plus innovante”n’est pas contestée. Toutefois, la méthode est jugée brutale par un certain nombre de décideurs en région. Pour la région Centre-Val de Loire présidée par François Bonneau, il s’agit d’une “aberration totale pour les demandeurs d’emploi, les entreprises et les territoires”. Dans cette région, l’AFPA est le premier opérateur de formation et doit faire face à une commande publique de 2.000 places par an pour un montant de 14 M€. Or cinq de ses sites sont menacés par le plan : Montargis, Châteauroux, Issoudun, Blois et Veigné, soit un sur deux.

Aberration totale”

Isabelle Gaudron, vice-présidente à la formation, a rappelé le 7 novembre qu’en 2018, “la Région Centre-Val de Loire a augmenté l’offre de formation professionnelle, et l’AFPA aurait alors pu accroître son volume d’intervention”.Concernant les appels d’offres régionaux, l’AFPA “a renoncé d’elle-même à deux marchés de formations qualifiantes. Ainsi, alors qu’elle avait des opportunités de développement dans le cadre du Plan Investissement Compétences (PIC), l’AFPA ne s’est pas positionnée sur deux consultations lancées au titre de l’amorçage 2018 du PIC. Enfin, pour 2019 la Région Centre-Val de Loire va lancer des commandes de formation correspondant à plus de 7000 formations supplémentaires dans le cadre du PIC financé par l’Etat.”Et la Région de demander un moratoire immédiat sur les fermetures, et l’ouverture d’une concertation avec les Régions.

Même discours du côté du Grand Est où le président Jean Rottner réprouve cette décision prise sans concertation préalable : une fois de plus les Régions sont mises devant le fait accompli”.Là aussi cinq sites sont menacés de fermeture pure et simple, dont le centre principal de Reims.

La négociation avec les syndicats devrait durer jusqu’en mars 2019 et ne s’annonce guère aisée : selon les organisations syndicales, le plan devrait entraîner plus de 2.000 licenciements pour motifs économiques. Une étrange manière pour le gouvernement de se soucier de la formation professionnelle.

Photo homepage : Formation soudure et chaudronnerie à l’AFPA de Marseille. © AFPA

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