Politique agricole commune : les Régions dénoncent « un recul inacceptable »
La Commission européenne a présenté le 16 juillet son projet de cadre budgétaire et de réforme de la politique agricole commune (PAC). Une annonce qui a fait réagir les Régions de France.
Philippe Martin
Le réseau d’influence transpartisan Régions de France rappelle que « la PAC est une politique essentielle pour les citoyens européens. C’est elle qui garantit leur souveraineté alimentaire. Elle doit aussi assurer un revenu digne aux agriculteurs et leur permet d’affronter de grands défis comme l’adaptation au changement climatique, le renouvellement des générations, la compétitivité des filières et la transition agroécologique. »
Une baisse annoncée de 40% de la PAC
A ce titre, aux yeux de l’association des Régions, « la proposition budgétaire de la Commission est une provocation qui constitue un affaiblissement sans précédent pour cette politique fondatrice de l’Union. Avec une proposition à 294 milliards d’euros sur 7 ans, elle est en baisse d’environ 21 % par rapport à la période actuelle (2021-2027). En tenant compte du niveau élevé de l’inflation ces dernières années, il s’agirait même d’une baisse en termes réels d’environ 40 % du budget. »
Les Régions « dénoncent l’intégration de la PAC dans un grand fonds “fourre-tout” dont la finalité ne semble être que de camoufler cette baisse énorme du budget. Elles annoncent qu’elles « se battront contre ce recul inacceptable qui met en danger notre capacité à nourrir durablement les Européens ».
Elles s’inquiètent également du « mouvement de renationalisation de la PAC qui devient à chaque réforme de moins en moins commune ».
Une proposition européenne inacceptable
Les Régions rappellent au passage qu’elles « ont fait la démonstration depuis 2014 de leur capacité à gérer une partie des fonds de la PAC pour répondre avec réactivité aux attentes des agriculteurs, en tenant compte des spécificités de leurs territoires ». Elles entendent donc « continuer à jouer un rôle majeur dans l’élaboration, la mise en œuvre et la gestion de la PAC en synergie avec l’État », avant d’élaborer des contre-propositions dans les semaines à venir.

Pour Loïg Chesnais-Girard, président de la commission Agriculture de Régions de France : « La proposition de la Commission européenne est inacceptable. Dans un contexte où la souveraineté et l’autonomie alimentaire européennes sont d’importance majeure, le budget de la Politique Agricole Commune ne peut être une variable d’ajustement. Nous demandons à la Commission de revoir sa copie. Avec l’ensemble des Présidents de Régions nous resterons déterminés et mobilisés tout au long des négociations qui s’engagent, pour défendre une PAC à la hauteur des attentes des agriculteurs et citoyens européens ».
