Normandie, Bretagne, Côte d’Opale : voici la nouvelle carte de la France touristique !
Philippe Martin
Alliance France Tourisme, le think tank du tourisme français, vient de dresser les premières tendances de l’été 2026 dans les hôtels, résidences de tourisme et villages vacances. Une saison qui s’appuie sur trois éléments nouveaux, et qui donne une carte touristique de la France assez surprenante.
D’abord, la chaleur historique déplace la demande vers les côtes de la Manche et la montagne. Ensuite, les arbitrages de pouvoir d’achat reportent une partie des départs vers juin et septembre. Enfin, le haut de gamme, porté par les clientèles internationales, continue de tirer les prix.

Après un excellent début de saison et une première quinzaine d’août attentiste, les réservations annoncent une fin de saison bien orientée et, au global, un bilan de juin à septembre positif pour cet été.
Un début de saison exceptionnel, porté par Paris et l’événementiel
En juin, près de huit chambres sur dix sont occupées dans l’hôtellerie française (79,1 %, +1,3 point vs. 2025), alors même que juillet 2026, avec 24,9 °C de température moyenne, est le mois le plus chaud jamais mesuré en France.
Paris confirme son rôle de locomotive : neuf chambres sur dix occupées en juin (90 %), puis 84,6 % en juillet (+1,5 point), avec l’appui de l’Esports World Cup : l’hôtellerie parisienne a dépassé 85 % d’occupation dès la semaine d’ouverture de la compétition, et le 15e arrondissement, qui l’accueille, gagne 4,3 points d’occupation.
Une première quinzaine d’août attentiste, entre géopolitique, prix et incendies
Le cœur de saison marque une pause : du 1er au 17 août, près de trois chambres sur quatre restent occupées (72,5 %, −0,7 point vs. 2025). Déclaré le 22 juillet et maîtrisé au début du mois d’août, l’incendie de Gironde a surtout pesé sur les séjours d’août, par le jeu des annulations : après un mois de juillet préservé, le département perd 10 points d’occupation, quand les territoires voisins se maintiennent.
La traditionnelle vague de réservations de dernière minute ne s’est pas pleinement concrétisée, entre le regain de tensions autour de l’Iran depuis le début du mois de juillet, qui a renforcé l’attentisme des clientèles du Golfe, et des prix de cœur de saison historiquement élevés.
Le phénomène s’observe à l’échelle nationale, toutes gammes et toutes zones confondues ; les niveaux demeurent élevés en valeur absolue, et une partie de la demande se reporte sur la fin août et septembre.
Bretagne, Alpes du Nord, Normandie, Côte d’Azur : les autres moteurs de l’été
L’un des enseignements majeurs de la saison est l’élargissement de la carte touristique française. La Bretagne s’établit comme la grande alternative estivale : +1,6 point d’occupation en août, une dynamique qui dépasse son seul littoral, occupé à plus de 90 % au cœur de l’été. Les Alpes du Nord confortent leur statut de destination bi-saisonnière.
La Côte d’Azur demeure la valeur sûre et la vitrine internationale de la destination France : la Méditerranée orientale dépasse 90 % d’occupation en plein été. Sur l’ensemble du territoire, le haut de gamme et le luxe continuent de tirer l’activité (+5,1 % en juillet), sans écraser les autres segments, tous en progression.
Dans un mois de juillet marqué par une chaleur historique, le littoral de la Manche, du Havre à la Côte d’Opale, affiche la plus forte progression de tous les littoraux français : +4,5 points d’occupation sur un an et près de 10 points en deux ans.
La hausse s’accélère à partir de la mi-juillet, bénéficie particulièrement aux destinations accessibles et tempérées, et se prolonge en août au-delà de 90 % d’occupation ; elle irrigue l’arrière-pays, la Normandie entière gagnant 2,6 points sur le mois. Cette chronologie suggère un report d’une partie de la demande, sous l’effet combiné des conditions climatiques, des arbitrages budgétaires et de la recherche de séjours de proximité.
Le mouvement s’accompagne d’une montée en gamme localisée : Le Touquet accroît son revenu par chambre d’environ un quart sur un an, tandis que Deauville, Cabourg, Trouville-sur-Mer ou Ouistreham performent particulièrement, avec des revenus par chambre en hausse de plus de 10 % vs. 2025 en juillet.
A noter que la ville de Dunkerque affiche complet. Plus de neuf chambres sur dix occupées du 1er au 17 août, en progression de plus de 8 points sur un an : le littoral du Nord s’installe parmi les destinations estivales.
Des réservations qui annoncent une fin de saison dynamique
Les prises de réservation, en avance par rapport à l’année dernière à la même date, confirment le report de la demande sur les ailes de saison, portées par les clientèles libres de leur calendrier, qui partent en juin ou en septembre pour retrouver du pouvoir d’achat.
La seconde quinzaine d’août s’inscrit au-dessus de l’an passé (+2 à +5 points de taux d’occupation selon les jours). Septembre se présente au niveau de 2025 ou légèrement au-dessus, et l’avance atteint 2 à 6 points sur la dernière semaine du mois, avant même l’essentiel des réservations. Malgré le trou d’air de la première quinzaine d’août, la saison juin-septembre s’oriente ainsi vers un résultat positif, du niveau des deux excellents étés précédents.
En conclusion, l’été 2026 confirme deux mouvements de fond, l’étalement de la fréquentation sur les ailes de saison et l’élargissement de la carte des destinations : la France n’a jamais eu autant de moteurs touristiques en même temps. L’Alliance France Tourisme invite les acteurs du secteur et les pouvoirs publics à accompagner A noter que la ville de Dunkerque affiche complet. Plus de neuf chambres sur dix occupées du 1er au 17 août, en progression de plus de 8 points sur un an : le littoral du Nord s’installe parmi les destinations estivales.
. Lieu de réflexion et d’action, l’Alliance France Tourisme travaille à la manière d’un think tank pour aborder l’ensemble des sujets liés au tourisme et à l’attractivité de la France. Composée des entreprises leaders du secteur, elle permet de mettre en commun les expertises, de présenter une vision globale du tourisme et de proposer des analyses et des recommandations.









