Métropole Aix-Marseille-Provence : une réforme institutionnelle sur la table ?
Antonin Tabard
Confrontée à une crise financière et institutionnelle, la Métropole Aix-Marseille-Provence fait l’objet d’une mission gouvernementale chargée d’examiner son fonctionnement, sa gouvernance et son périmètre. Une évolution institutionnelle profonde, pouvant aller jusqu’à une recomposition intercommunale, est désormais envisagée.
Dix ans après sa création, la Métropole Aix-Marseille-Provence est à l’heure des questionnements institutionnels. Depuis le printemps 2026, l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) traverse une crise budgétaire qui a notamment conduit à l’intervention de la chambre régionale des comptes, puis à l’arrêt du budget métropolitain par le préfet des Bouches-du-Rhône.
Dans un communiqué du 29 juillet 2026, le gouvernement a annoncé le lancement d’une mission indépendante confiée à Dominique Bussereau, ancien ministre, et Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse et président du Comité des finances locales. Leur objectif : dresser un état des lieux de la situation métropolitaine et formuler des propositions pour rétablir durablement son équilibre financier et améliorer l’efficacité de l’action publique.
Créée le 1er janvier 2016, la métropole rassemble 92 communes réparties sur trois départements et compte près de 1,9 million d’habitants. Mais son organisation actuelle, héritée de la fusion de six intercommunalités, suscite des interrogations parmi les élus locaux, notamment sur les relations entre l’établissement métropolitain et les communes membres.
Gouvernance, compétences et finances au cœur des travaux
Dans une lettre de mission signée du 1er octobre 2026 et dont nous avons pu nous procurer une copie, le Premier ministre Sébastien Lecornu précise les contours des travaux attendus. Les deux responsables devront notamment examiner le fonctionnement des institutions métropolitaines, la répartition des compétences entre la métropole et ses communes, ainsi que les relations financières entre les différentes collectivités.
Une attention particulière devra être portée au budget annexe des transports, dont le déséquilibre croissant pèse sur les finances de la métropole. La mission devra identifier des solutions permettant de retrouver un équilibre structurel, sans compromettre les investissements nécessaires, notamment pour le désenclavement des quartiers nord de Marseille.
Une recomposition intercommunale parmi les scénarios possibles
La lettre de mission ouvre également la voie à des changements institutionnels d’ampleur. Sébastien Lecornu invite explicitement les deux responsables à proposer, s’ils le jugent opportun, des évolutions pouvant aller jusqu’à la création de plusieurs EPCI à fiscalité propre, aux périmètres différents.
Une perspective qui pourrait remettre en question le périmètre actuel de la métropole et conduire à une recomposition de l’organisation territoriale. Les premières observations de la mission étaient attendues en octobre, avant la remise de ses conclusions à la fin de l’année 2026. L’enjeu sera de parvenir à une gouvernance plus lisible et à un équilibre durable entre les communes et l’intercommunalité.