Médecins volontaires : une réponse aux déserts médicaux
Françoise Sigot
Depuis novembre, la Maison de santé de Saint-Just-en-Chevalet (Loire) accueille un médecin volontaire, un jour par semaine. Une solution qui se veut transitoire en attendant l’installation d’un nouveau praticien.
À plus d’une heure de route de Lyon et presque autant de Saint-Étienne, la commune de Saint-Just-en-Chevalet (Loire) a perdu son couple de médecins en juillet dernier. Partis vers d’autres horizons professionnels après une dizaine d’années de présence dans cette commune de près de 1 200 habitants, ils n’ont trouvé aucun remplaçant.
« Ils nous ont informé de leur départ, presque un an avant. Nous avons très vite mobilisé des plateformes de recrutement, réalisé un petit film un peu décalé pour inciter des médecins à venir, mais pour l’instant sans succès », regrette Emmanuelle Barlerin, la maire de Saint-Just en Chevalet.
Désormais il faut parcourir au minimum 15 kilomètres pour trouver un médecin généraliste et ses disponibilités sont rares. Comme 16 autres communes de la région, cette petite ville fait partie de celles identifiées par l’Agence régionale de Santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes comme présentant une difficulté d’accès aux soins.

Créé pour relancer une offre de consultations médicales, le dispositif des consultations solidaires a pu se mettre en place très rapidement sur ce territoire. « Nous avons travaillé avec les intercommunalités et les communes pour identifier des lieux, par exemple un ancien cabinet médical où un médecin peut trouver de bonnes conditions pour venir travailler quelques jours par semaines », retrace Yann Lequet, Directeur délégué Pilotage Opérationnel, Premier Recours, Parcours et Professions de Santé à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes. À Saint-Just-en-Chevalet, la présence d’une pharmacie et plus encore d’une maison de santé au sein de laquelle dix infirmières, un kinésithérapeute, un orthophoniste, et aussi un pédicure et un médecin du travail ont posé leur plaque, a été décisive pour convaincre des médecins de venir assurer quelques consultations.
Trois médecins volontaires
Le Dr Roux installé en banlieue de Lyon a été le premier à répondre à l’appel de l’ARS. Depuis novembre, il est présent chaque vendredi à Saint-Just-en-Chevalet. « Un autre médecin l’a rejoint depuis quelques semaines un mercredi sur deux, et un retraité vient de temps en temps de façon plus aléatoire », précise Emmanuelle Barlerin. Une solution qui se veut transitoire : « Nous poursuivons notre recherche d’un médecin susceptible de s’installer définitivement, mais en attendant ce dispositif répond notamment à ceux qui ont des diffi-cultés de mobilité. »
La maire de la ville ligérienne relève un petit bémol à l’offre de consultations solidaires : « Les médecins ne peuvent pas être médecins traitants. » Pour autant, ces consultations restent une véritable bouffée d’oxygène pour une bonne partie des habitants, notamment les plus âgés dont nombre d’entre-eux aurait probablement renoncé aux soins, faute de pouvoir se rendre dans une ville voisine.
Sur ce modèle, ce dispositif s’étend peu à peu en région Auvergne-Rhône-Alpes. Thiers et Ambert, deux villes moyennes du Puy-de-Dôme, viennent de le rejoindre et Murat dans le Cantal est sur le point de faire de même. « Là où il y a un sujet de recrutement médical, les consultations solidaires sont un levier parmi d’autres pour améliorer la prise en charge », conclut Yann Lequet.







