Les attentes de Régions de France entendues par le nouveau premier ministre ?
Il a été élu local, maire de Vernon (Eure), vice-président de Seine-Normande Agglomération, puis président du conseil départemental de l’Eure. Et puis, parmi diverses fonctions ministérielles, Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre le 9 septembre par Emmanuel Macron, a également été ministre des Collectivités aux côtés de Jacqueline Gourault, de 2018 à 2020. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il avait été chargé par le président de la République de coanimer le Grand Débat National. Avant de passer à l’Outremer, puis aux Armées…
C’est dire que, s’il n’était guère jusqu’alors connu du grand public, Sébastien Lecornu est en revanche bien identifié par les différentes associations de collectivités. Et qu’après le passage de François Bayrou, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il les a royalement ignorées, il aura du pain sur la planche pour renouer les fils du dialogue.
Il suffit d’ailleurs d’apprécier la tonalité du communiqué de Régions de France à l’annonce de sa nomination. Une fois passées les « félicitations républicaines », les présidentes et présidents de Région « attendent désormais les preuves d’une nouvelle gouvernance en France et d’une nouvelle étape de décentralisation qui restaurent la participation des collectivités territoriales à la conduite des politiques publiques, dans le cadre d’un dialogue constructif et apaisé entre l’État et les acteurs publics locaux, au service de nos concitoyens.
Une nouvelle étape de décentralisation attendue
Changement de méthode car les Français expriment aux responsables politiques depuis plusieurs mois une volonté de résultats pour leur quotidien – emploi, pouvoir d’achat, sécurité, mobilité, santé, justice – et de changement de gouvernance, en métropole comme en Outre-mer et en Corse. Pour répondre à leurs attentes, le futur Gouvernement peut et devra s’appuyer sur les Régions, qui disposent d’une forte capacité à investir et à agir efficacement pour une croissance durable.
Changement de méthode car, comme une enquête de l’IFOP le démontrait encore il y a quelques jours, les Français sont attachés au modèle inspirant de dialogue, d’action publique et de résultats concrets de leurs Régions. Ils leur reconnaissent un rôle de stabilité pour notre pays. Un nouvel acte de décentralisation, pour rapprocher l’action publique de leur quotidien permettra de restaurer la confiance démocratique.
Changement de méthode pour répondre à la crise de la dette et construire un budget 2026 pour la France qui ne fasse pas porter aux collectivités le poids de la réforme de l’État : les Présidentes et Présidents de Régions rappellent leur esprit de responsabilité pour le redressement des finances publiques. Les Régions portent aujourd’hui près de 15% de l’investissement public sur tous les territoires du pays pour seulement 1% de la dette nationale. Elles ne peuvent donc être le bouc émissaire d’un État trop dépensier. La solution réside d’abord dans une profonde réforme de l’État et un nouvel acte de décentralisation que les présidents de Régions demandent depuis sept ans.
Changement de méthode pour prendre enfin les décisions qui s’imposent pour affronter le mur de l’investissement pour le transport ferroviaire dans notre pays : les Régions attendent que le futur Gouvernement donne sans tarder les suites attendues à la conférence Ambition France Transport, avec notamment la préparation d’une loi-cadre favorisant les mobilités et assurant leur financement.
Changement de méthode enfin pour la construction d’une position française concertée sur la prochaine programmation 2028-2034 de l’Union européenne, afin de ne pas sacrifier les politiques de cohésion, pour l’agriculture et la pêche, et confirmer l’élaboration, la mise en œuvre et la gestion de celles-ci par les Régions, pour répondre aux priorités de nos territoires. »
Les présidentes et présidents des Régions de France disent « attendre désormais avec intérêt un échange prochain avec le nouveau Premier Ministre ».

Pour Carole Delga, présidente de Régions de France et de la Région Occitanie : « La nomination de Sébastien Lecornu est celle d’un élu qui connait les enjeux et défis de nos collectivités. Les Régions de France attendent de lui un changement clair de méthode de gouvernance, en associant tous les acteurs qui partagent les valeurs républicaines.
Pour répondre aux attentes exprimées par les Français, il doit instaurer un meilleur équilibre des rapports entre l’État et les collectivités. Pour répondre à la crise, il est également temps d’initier une nouvelle étape de décentralisation, permettant de rapprocher le pouvoir de nos concitoyens, et d’obtenir davantage de résultats concrets et plus de participation citoyenne ».
« Je souhaite présenter un grand acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale ». Sébastien Lecornu
Une demande à laquelle le nouveau Premier ministre n’a pas tardé à apporter une réponse personnelle, dans un entretien paru le 14 septembre dans la pesse quotidienne régionale, à laquelle il a accordé sa toute première interview (ce que son prédécesseur s’est refusé à faire pendant huit mois…).
« Je souhaite présenter, a déclaré Sébastien Lecornu, un grand acte de décentralisation, de clarification et de liberté locale au Parlement. J’ouvrirai des consultations rapides dès la semaine prochaine. En parallèle, le millefeuille administratif a parfois conduit à une dilution des responsabilités et à des surcoûts ». On peut donc s’attendre à l’ouverture de discussions avec les différentes strates de collectivités dans les semaines qui viennent.
