Le train des Causses a roulé sur le viaduc de Garabit !
Cette unique ligne ferroviaire longitudinale et structurante pour le Massif Central est enfin modernisée et la ligne de l'Aubrac a donc à nouveau circulé sur le mythique viaduc de Garabit.
Philippe Martin
Au départ de Béziers, l’Association Les Amis du Viaduc de Garabit -AMIGA- a récemment été à l’initiative d’un “train événementiel” sur la totalité de la ligne des Causses. En partenariat avec la Région Occitanie, ce train a célébré la réouverture de la ligne entre Saint-Chély-d’Apcher (Lozère) et Neussargues (Cantal).
11 tunnels et 3 viaducs
La ligne des Causses a pour origine, en 1858, un chemin de fer créé pour le transport du charbon entre Graissessac et la grande ligne Bordeaux-Sète à Béziers. Il a nécessité la construction de 11 tunnels et 3 viaducs, dont celui de Bédarieux, long de 713 mètres et aujourd’hui inutilisé. Depuis 1932, la ligne, longue de 277 km est entièrement électrifiée.
Sur cette ligne des Causses, une première remise à neuf a été réalisée dans les années 80 entre Séverac-le-Château et Campagnac. Entre Loubaresse et Saint-Chély-d’Apcher et entre Millau et Aguessac, un important renouvellement a ensuite été effectué dans les années 2000, mais sans aucun autre chantier entamé durant les 10 années qui vont suivre.

Cette carence, la Région Occitanie va la prendre à bras le corps et initier des chantiers de maintenance lourde sur le périmètre la concernant.
Sur la partie nord, cantalienne, après le déraillement de 2005 à Andelat, il n’y a eu que des chantiers « en réaction » aux incidents. 25 km étaient à refaire intégralement. La portion entre Saint-Chély et Neussargues est désormais renouvelée dans son intégralité. Elle était prioritaire en termes de régénération, car c’est celle qui est le plus sollicitée eu égard aux trains de marchandises, très lourds, qui desservent l’usine Arcelor Mittal de Saint-Chély.
Pour le maintien des lignes ferroviaires des territoires excentrés
De même, le vieillissement de la population, les attentes de nouveaux usages de déplacement par les jeunes générations, la baisse de pouvoir d’achat généralisée, tout conduit à la nécessité du maintien de ces lignes ferroviaires desservant des territoires si éloignés des métropoles. C’est le combat que porte l’Association des Amis du Viaduc de Garabit depuis sa création par Patricia Rochès, présidente fondatrice, élue locale depuis 25 ans connaissant bien la problématique des territoires ruraux qui ont du mal à se faire entendre à Paris.
« deux investissements majeurs restent à réaliser dans les mois à venir »
Une présidente qui rappelle : « Il nous faut rester mobilisés et fédérés, car deux investissements majeurs restent à réaliser dans les mois à venir. Les 60 kms entre Saint-Chély et Campagnac, comportant quelques parties de rails « double champignon », nécessitent un rapide RVB -Renouvellement Voie et Ballast. Ce chantier pourrait représenter un investissement important. Quant à ce superbe Viaduc de Garabit, il est évoqué la somme de 35 millions d’euros pour les travaux de remise en peinture, qui deviennent urgents, et indispensables à la préservation de la structure métallique en fer puddlé. »
