Jérôme Durain nouveau président de la Bourgogne-Franche-Comté
Le sénateur de Saône-et-Loire (PS) a été élu en remplacement de Marie-Guite Dufay, qui avait annoncé sa démission en juin dernier.
Philippe Martin
Ils sont rares, les hommes (et femmes) politiques qui sont capables de tirer leur révérence le moment venu, d’anticiper sur le match ou l’élection de trop. C’est un reproche que l’on ne pourra pas faire à Marie-Guite Dufay. Celle qui fut longtemps (avec Ségolène Royal en Poitou-Charentes) la seule femme présidente de Région, avait surpris tout son monde le 20 juin dernier en annonçant qu’à 76 ans, elle s’apprêtait à quitter la présidence du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Histoire, d’ici à l’échéance électorale régionale prévue pour 2028, de permettre à son successeur de prendre la dimension du poste.

Ce successeur a été élu le 5 septembre lors d’une assemblée plénière exceptionnelle du conseil régional. Il s’agit de Jérôme Durain, conseiller régional de Bourgogne puis de Bourgogne-Franche-Comté depuis 2010. A 56 ans, le sénateur de Saône-et-Loire et ancien adjoint au maire de Chalon-sur-Saône a été élu avec 54 voix sur 100, dont 71 votants, face à l’ancien député du Jura Jean-Marie Sermier (LR), 17 voix. Le groupe du Rassemblement national, qui comprend 17 conseillers, n’a pas participé au vote.
Porter haut les couleurs de la Bourgogne-Franche-Comté
Jérôme Durain a immédiatement prononcé son premier discours de président, devant de nombreux élus régionaux et nationaux dont le ministre de la Décentralisation François Rebsamen, et la président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner. « Face à ceux qui passent leur temps à ne pointer que ce qui ne va pas, a-t-il lancé, je veux opposer un discours positif, un discours qui ne masque pas les fragilités, mais qui porte haut les couleurs de notre Région en s’appuyant sur les fiertés de nos territoires. ».
« un chantier de simplification et de proximité »
Il a affirmé faire de la sécurité une « priorité pour la Région », et annoncé « l’ouverture d’un chantier de simplification et de proximité », pour rapprocher l’action régionale des citoyens. « Je serai sur le terrain, prêt à entendre vos encouragements, vos questionnements comme vos désaccords. »
Il a trois ans désormais pour battre le record de Marie-Guite Dufay qui, dans son allocution de départ début juillet, avait affirmé avoir, en 17 ans de présidence, parcouru à travers sa région « l’équivalent d’un aller-retour de la Terre à la Lune »…
Qui est Jérôme Durain ?
S’il est évidemment très connu sur ses terres de Saône-et-Loire, c’est surtout en tant que sénateur que Jérôme Durain a construit sa carrière politique. Siégeant au Palais du Luxembourg depuis 2014, vice-président de la Commission des lois depuis 2017, il a même été élu « sénateur de l’année 2024 ».
Jérôme Durain s’est beaucoup impliqué dans des textes visant la sécurité de notre pays. Après avoir présidé la commission d’enquête sénatoriale sur le narcotrafic, il a corédigé aux côtés du sénateur (LR) Etienne Blanc, la proposition de loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic ». Promulguée le 13 juin dernier, cette loi a été très largement adoptée par le Parlement.
Il a également représenté le Sénat au Beauvau de la Sécurité en 2021, et a porté la proposition de loi dite “Ravacley”, inspirée du combat d’un boulanger bisontin pour défendre son apprenti sans-papiers.

Au nom de Régions de France, la présidente Carole Delga lui a rendu hommage, ainsi qu’à la présidente sortante : « Homme de dialogue et fin connaisseur des enjeux locaux comme nationaux, il a toujours défendu une action publique efficace, humaine et tournée vers l’avenir. Je sais pouvoir compter sur son engagement au sein de Régions de France et me réjouis de pouvoir poursuivre avec lui le travail considérable mené avec Marie-Guite Dufay », a-t-elle affirmé.
Marie-Guite Dufay est la troisième présidente de Région élue lors du scrutin du 27 juin 2021, à ne pas aller au bout de son mandat. Avant elle, Jean Rottner (Grand Est), puis Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) avaient également démissionné, laissant leur place respectivement à Franck Leroy et Fabrice Pannecoucke.
