Comment Le Plessis-Robinson répond à la canicule
Philippe Martin
A moins de dix kilomètres de Paris, la commune du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) a décidé voici plusieurs années d’anticiper sur le changement climatique, en utilisant son urbanisme comme un outil de résilience climatique. Explications.
En fait, cela fait près de 30 ans que cette ville de 28.000 habitants, située dans la Petite Couronne au sud-ouest de Paris, a entrepris de se transformer, en cherchant à faire baisser les températures ressenties tout en améliorant la qualité de vie des habitants.
Récompensé par le prestigieux Charter Award 2026 du Congrès pour le Nouvel Urbanisme (CNU), le projet de la Nouvelle Cité Jardins du Plessis-Robinson, conçu par l’Atelier Xavier Bohl, est aujourd’hui cité comme l’un des exemples les plus remarquables de renouvellement urbain en Europe, sous l’impulsion de son maire Philippe Pemezec.

Le jury a salué « la transformation spectaculaire d’une cité de grands ensembles dégradés en un quartier vivant, attractif et durable ». Là où dominaient autrefois le béton, la vétusté et les difficultés sociales, s’étend désormais un véritable quartier de ville, sur 20 hectares, mêlant logements, commerces, équipements publics et espaces naturels.
Résultats : une forte présence végétale grâce aux jardins publics, et familiaux aux alignements d’arbres et aux espaces paysagers ; une rivière et des espaces verts accessibles à tous et toute l’année, contribuant à rafraîchir naturellement le quartier ; une architecture à échelle humaine, avec des matériaux régionaux, favorisant l’ombrage et limitant les effets d’îlot de chaleur ; et enfin une mixité des populations et des usages permettant de réduire les déplacements et d’améliorer le confort quotidien.
Le quartier accueille aujourd’hui 1.380 logements, des équipements éducatifs, un marché couvert, des espaces publics animés et plus de 24 heures sur 24 de nature accessible aux habitants.
Un aménagement rafraîchissant naturel
L’une des grandes innovations du projet réside dans la place centrale accordée à la nature. Parc urbain, jardins partagés, promenade le long d’une rivière, biodiversité et végétation abondante constituent l’ossature même du quartier et participent à son rafraîchissement naturel lors des épisodes de forte chaleur.
un urbanisme fondé sur la beauté, la nature, la mixité sociale et la qualité des espaces publics
Conçue à l’échelle du un urbanisme fondé sur la beauté, la nature, la mixité sociale et la qualité des espaces publicspiéton, le quartier privilégie les déplacements responsables grâce à un stationnement souterrain et à une circulation automobile limitée. Son architecture inspirée du patrimoine bâti francilien, crée un cadre de vie harmonieux et durable. Selon le jury international, cette réalisation « démontre qu’un urbanisme fondé sur la beauté, la nature, la mixité sociale et la qualité des espaces publics peut améliorer durablement la vie des habitants ». Avec un résultat supplémentaire non négligeable : à huit kilomètres de Paris, le thermomètre indique plusieurs degrés de moins !






