Carte grise : les Régions qui augmentent le plus
Les ressources des conseils régionaux dépendent en grande partie de la part de TVA qui leur est allouée (+ de 50 %), ou encore de dotations de l’État. Les impôts et taxes ne représentent qu’une part mineure de ces budgets, et l’une des marges de manœuvre offerte aux élus régionaux repose sur les “certificats d’immatriculation des véhicules”, autrement dit sur les cartes grises.
Philippe Martin
Il ne faut donc pas s’étonner, alors que le budget Barnier prévoyait 1,3 milliard d’euros d’économies sur leurs dépenses, que plusieurs Régions aient décidé d’augmenter fortement le prix de ces cartes grises. Ainsi la Région Normandie, après une hausse de 35 à 46 euros l’an dernier, vient-elle de la porter à 60 euros par cheval fiscal (plafond autorisé par le budget Barnier), soit +71 % en deux ans. Ce qui devrait permettre d’augmenter les ressources de la collectivité de 36 M€ en 2025.

En Centre-Val de Loire, le prix du cheval fiscal passe de 55 à 60 euros, de 51,29 à 59 € en Provence-Alpes-Côte d’Azur, de 45 à 53 en Nouvelle-Aquitaine et de 27 à 43 en Corse (source site service-public.fr).
Et ce n’est pas terminé, puisqu’on annonce de nouvelles hausses applicables au 1er février : 55 à 60 € en Bretagne, 48 à 60 dans le Grand Est, 51 à 57 à La Réunion. Pas d’augmentation en revanche dans les autres régions. La hausse globale de cette taxe devrait atteindre les 11 % dans l’année.
Des disparités assez importantes apparaissent ainsi d’une région à l’autre : pour un véhicule de 7 CV, la vignette coûtera 420 € en Normandie, contre 253 dans les Hauts-de-France.
Néanmoins, le produit de cette taxe est globalement en baisse constante, passant de 2,3 milliards d’euros en 2020 à 2 milliards en 2023. En cause, la baisse des ventes de voitures à moteur thermique, et la hausse des ventes des voitures électriques, celles-ci étant pour le moment exonérées de carte grise. Les Régions ont d’ailleurs demandé la possibilité d’adapter cette exonération pour les véhicules électriques.
