200 lycées à rénover : les Régions attendent l’État
Antonin Tabard
Le Gouvernement vient de dévoiler une liste de 200 lycées identifiés comme prioritaires pour des travaux de réparation et de rénovation. Issue de la consultation nationale des lycéens, cette sélection s’accompagne d’une enveloppe de 4 milliards d’euros. Si les Régions saluent la prise en compte des difficultés exprimées par les élèves, elles rappellent leurs investissements et interpellent l’État sur les moyens financiers à mobiliser.
Présentées le 26 octobre dernier par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, les mesures gouvernementales visent à répondre aux préoccupations exprimées par les lycéens. Parmi les annonces figure un plan de rénovation des établissements, dont les premiers bénéficiaires ont été identifiés à partir de la consultation nationale Agora, organisée du 6 au 23 octobre et ayant recueilli plus de 100 000 contributions.

« Les 200 établissements publics retenus sont ceux ayant fait l’objet du plus grand nombre de contributions relatives aux conditions matérielles », nous a précisé par téléphone le ministère. Selon Édouard Geffray, « 55 % des lycéens ont signalé, sur la plateforme de consultation, la qualité insuffisante des locaux ou du matériel de leur établissement ».
Rénovation : 200 établissements et 4 milliards d’euros
L’Île-de-France arrive en tête avec 31 établissements, devant Auvergne-Rhône-Alpes (27) et l’Occitanie (26). Provence-Alpes-Côte d’Azur en compte 20, les Hauts-de-France 19, la Nouvelle-Aquitaine 17 et le Grand Est 16. La Bourgogne-Franche-Comté en recense sept.
Les signalements doivent désormais être examinés conjointement par les rectorats, les établissements et les Régions. Des conseils de la vie lycéenne et des conseils d’administration dédiés doivent permettre de définir des plans d’action immédiats.
Pour financer cette ambition, le Gouvernement prévoit une enveloppe de 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels via le dispositif ÉduRénov, mobilisable jusqu’en 2030. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également annoncé le relèvement du plafond du Livret A, qui pourrait atteindre 30 000 euros dès février 2027, afin de renforcer les capacités de financement de la Banque des Territoires, seront notamment fléchés les travaux bâtimentaires des lycées et des collèges.
Région Sud et Grand Est : des réactions contrastées
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, François de Canson rappelle que 100 % des établissements identifiés par l’État font déjà l’objet de projets de rénovation programmés par la collectivité. La Région met en avant 6 millions d’euros consacrés aux réparations d’urgence, 3,1 millions d’euros pour améliorer le confort thermique de 50 lycées et plus de 50 millions d’euros supplémentaires prévus au budget 2027. Son président interpelle directement l’État : « Qu’il contribue au financement des travaux, qu’il accélère les procédures et qu’il nous dise enfin ce qu’il met sur la table ! »
Dans le Grand Est, Franck Leroy conteste davantage la méthode de sélection. Les 16 établissements retenus ne constituent pas, selon lui, un diagnostic suffisant : « Un comptage ne fait pas un diagnostic. Encore moins une politique publique. » La Région rappelle avoir porté ses investissements de 153 millions d’euros en 2016 à 248,6 millions en 2026. Elle demande notamment à l’État de préserver le FCTVA, de consolider le Fonds vert et de lever les obstacles réglementaires qui retardent les chantiers.
Au-delà de la liste des établissements, le financement et la coordination entre l’État et les Régions restent donc les principaux enjeux de ce plan de rénovation.