Violences faites aux femmes dans les transports : 10 nouvelles mesures de la Région Île-de-France
7 Franciliennes sur 10 déclarent avoir été victimes de violences sexuelles dans les transports. Organisée avec Île-de-France Mobilités, une Journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes dans les transports s’est tenue au siège de la Région Île-de-France, à Saint-Ouen le décembre.
Philippe Martin
Valérie Pécresse, présidente du conseil régional, a annoncé, lors de cette journée de mobilisation, 10 nouvelles mesures pour « aller encore plus loin et assurer la sécurité dans les transports et les lieux de passage ».

– L’accroissement de la présence humaine, avec le doublement des agents de la Brigade régionale des transports, qui seront 200 d’ici fin 2027, et l’augmentation du nombre de patrouilles de réservistes de la police et de la gendarmerie pour atteindre 10.000 journées de patrouille. Ces renforts viendront en complément des équipes déjà en place sur l’ensemble du réseau.
– La demande faite au Parlement d’autoriser la vidéoprotection intelligente dans les transports du quotidien. Une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale et au Sénat pour généraliser la vidéoprotection algorithmique aux transports du quotidien, et pas uniquement aux grands évènements (matchs, concerts) comme aujourd’hui, ce qui permettra de repérer rapidement les faits et d’interpeller les délinquants et criminels. Fort de l’expérience réussie pendant les Jeux Olympiques, le choix de cette technologie permettrait d’agir beaucoup plus rapidement.
– Le décuplement de la puissance du 3117, avec la géolocalisation des appels et un rappel dans les 24h pour s’assurer du dépôt de plainte. La communication autour du numéro sera aussi renforcée, avec une inscription du numéro sur les nouveaux passes Navigo, sur les bornes d’appel ou signal d’alarme. Les procédures d’intervention et de formation des écoutants seront renforcés, notamment pour des situations « grises », comme lorsque des femmes se sentent suivies.

– La demande au gouvernement d’autoriser le dépôt de plainte en ligne, une possibilité que l’Etat doit enfin ouvrir pour les victimes, qui sont souvent nombreuses à renoncer à porter plainte ou à le faire trop tardivement faute de temps. La plainte en ligne permettre d’accélérer les procédures et d’interpeller encore plus de délinquants.
– Le lancement de l’application « Voyage Duo » pour permettre aux femmes de trouver des compagnons de route et de ne plus voyager seules, notamment en heures creuses ou tardives.
– La généralisation des expérimentations, comme celles des « zones d’attente partagées », I’espace signalé sur le quai pour inciter les voyageurs à ne pas s’isoler en cas d’attente sur un quai presque vide. Il est situé à côté d’une borne d’appel d’urgence, vidéoprotégé avec un retour image des caméras sur le quai pour dissuader les agresseurs.
– Le développement des « lieux sûrs », dans et autour des gares, à travers des partenariats avec des commerces ou des lieux publics pour accueillir les personnes qui se sentent menacées.
– La publication des propositions issues des marches exploratoires des opérateurs de transports. Chaque année, les opérateurs effectuent des marches exploratoires avec des panels de voyageuses pour mieux sécuriser l’espace dans les transports. Île-de-France Mobilités fera un bilan annuel de ces marches, avec des propositions de sécurisation de l’espace public et leur mise en œuvre.

– La formation sur les bons gestes en cas de danger, avec un nouveau module de formation aux techniques des « 5D » (distraire, documenter, diriger, déléguer et dialoguer), et aux bonnes réactions en cas de danger, avec des ateliers de sensibilisation visant à outiller les femmes. Cette formation, confiée au Centre Hubertine Auclert de la Région Île-de-France, sera diffusée auprès des lycéens, des étudiants, des apprentis, des collectivités et des entreprises.
– Mobiliser les témoins aux côtés des victimes, à l’aide d’une grande campagne de communication en 2026 dans les transports : « Je suis témoin, j’agis, et j’utilise le 3117/31177 ».
