Un “Plan Joana” pour éviter les accidents de cars scolaires
Nul n’a oublié Joana, 15 ans, cette lycéenne de Châteaudun, tuée le 30 janvier dernier dans un accident de car scolaire dont le chauffeur avait été par la suite testé positif aux stupéfiants. Dans une interview à Régions Magazine (lire dans notre n°174 actuellement en kiosques), le président du Centre-Val de Loire François Bonneau, très touché par ce drame qui concernait un autocar affrété par sa région, avait annoncé le lancement d’« un travail d’une forte intensité, notamment pour renforcer les contrôles sur les conducteurs ».
Philippe Martin
Ce travail fait désormais l’objet d’une “charte relative à la sécurité des transports routiers de voyageurs”, signée le 30 avril entre Régions de France et la Fédération Nationale des transports de voyageurs (FNTV). Cette charte vient appuyer le dispositif présenté le même jour par le ministre des Transports Philippe Tabarot, baptisé “Plan Joana” du nom de la malheureuse lycéenne.
Il faut rappeler qu’en février dernier, suite à ce drame, près de 30.000 contrôles inopinés avaient menés sur ces chauffeurs de cars, faisant apparaître 63 cas d’alcoolémie et 119 cas positifs aux stupéfiants. Le plan, monté simultanément par les ministères des Transports et de l’Intérieur, prévoit un minimum d’un dépistage aléatoire par an pour chaque conducteur, ainsi que la mise en place de plans de formation et de prévention « spécifiques à la lutte contre les addictions par les entreprises opérant des transports scolaires ».

Mais le ministre a voulu aller plus loin, avec la mise en place future de “stupotests” pour la détection de stupéfiants dans tous les véhicules de transports scolaires, permettant « de bloquer le démarrage d’un car en cas de contrôle positif ». Ainsi que la mise en place d’un numéro de téléphone permettant aux élèves de signaler un comportement ou une situation à risque dans les véhicules et au sein du cadre scolaire.
Dépistage des conducteurs de cars à l’embauche
De leur côté, la FNTV et Régions de France se sont engagées à mettre en place des épreuves de dépistage systématiques à l’embauche des nouveaux conducteurs, à multiplier les contrôles inopinés, mais aussi à « renforcer les actions d’information des élèves sur les équipements de sécurité ». Là encore, les tests effectués en début d’année avaient démontré que beaucoup de lycéens n’attachent pas leur ceinture, ce qui est pourtant obligatoire à bord des autocars. Seulement 5 % des élèves le feraient de façon systématique…
« Régions de France va s’engouffrer dans le signal donné par l’État », a notamment déclaré Michel Neugnot, vice-président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté chargé des transports scolaires, et co-président de la Commission Transports à Régions de France, qui représentait l’association lors de cette signature avec Jean-Sébastien Barrault, président de la FNTV.
Par ailleurs, afin de compléter le dispositif, le ministre a annoncé la mise en place de caméras embarquées destinées à détecter la baisse de vigilance des conducteurs. Avec la sécurité des élèves, on ne sera jamais trop prudent.
Le chiffre : 2,1
En millions, le nombre d’élèves transportés chaque jour hors agglomération par les cars scolaires affrétés par les Régions. Auxquels il faut ajouter 0,2 million de voyageurs par jour en autocars interurbains, hors transports scolaires (chiffres Régions de France).
