Transports : le GART veut accélérer sur les financements
Pour l’une de ses premières sorties publiques, le nouveau ministre des Transports Philippe Tabarot a eu droit à un vibrant éloge de… son prédécesseur François Durovray, « compétent et à l’écoute » selon du président du GART Louis Nègre.
Philippe Martin
Le patron du Groupement des Autorités Responsables de Transports a aussitôt tenu à rappeler qu’il avait déjà beaucoup et bien travaillé avec le nouveau ministre, longtemps vice-président Transports de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sénateur des Alpes-Maritimes (Louis Nègre étant pour sa part maire de Cagnes-sur-Mer).

Le président du GART (depuis 2014) n’a pas pour autant sa langue dans sa poche, on le sait. A l’occasion de l’échange des vœux, Louis Nègre a rappelé les principales réalisations de 2024, notamment la labellisation de 24 projets de SERM (les RER métropolitains). « Mais nous espérons que cette labellisation sera suivie d’espèces sonnantes et trébuchantes », a-t-il lancé, rappelant que « l’État prélève 60 milliards d’euros de contributions sur les mobilités, il doit se montrer cohérent dans le financement de celles-ci : c’est un message que je vous demande de porter auprès du Premier ministre ».
Justice sociale, équité territoriale et responsabilité écologique
Et de poursuivre : « Le financement de la mobilité est désormais une question cruciale. Il est plus que temps d’avoir le courage de regarder les défis financiers en face. Le double choc d’investissement et de fonctionnement qui pèse sur nos réseaux comme une épée de Damoclès doit être enfin affronté. C’est une question de justice sociale, d’équité territoriale et de responsabilité écologique ».
Au passage il a donné deux rendez-vous importants pour 2025 : les RNTP (Rencontres Nationales des transports Publics) du 4 au 6 novembre à Orléans, et les Assises des mobilités en Outremer qui devraient avoir lieu en Guadeloupe en fin d’année.
Sécurité et simplification de l’usage des transports
De son côté, le ministre a évoqué ses deux priorités « la sécurité : je rappelle que selon un sondage, 86 % des femmes ont vécu des situations d’insécurité dans les transports. Je demande donc un renforcement de la sécurité, ainsi que du dispositif “Stop fraude”, celle-ci faisant perdre chaque année 700 M€ de manque à gagner ».
Seconde priorité : la « simplification de l’expérience usager ».
« une juste contribution à répartir entre tous les acteurs des transports ; un juste équilibre entre Paris et le reste des territoires »
Enfin, il a évoqué la Conférence de financement pour les transports, annoncée par le Premier ministre François Bayrou, avec trois aspects majeurs : « une juste contribution à répartir entre tous les acteurs des transports ; un juste équilibre entre Paris et le reste des territoires ; et la sortie de ce travers économique qui consiste à inventer constamment de nouvelles taxes sur les transports ». Sur ce dernier point notamment, tout le monde a semblé d’accord…
