Liquidation de Brandt : la colère des élus régionaux
Jeudi 11 décembre, le Tribunal de commerce de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Brandt, qui va ainsi disparaître en laissant quelque 700 salariés sur le carreau, à quelques jours de Noël. Si les deux ministres l’Economie et de l’Industrie Roland Lescure et Sébastien Martin, qui avaient annoncé une participation de l’Etat à hauteur de 5 M€ pour permettre la poursuite d’activité, ont fait part de leur « profonde tristesse », du côté des élus régionaux et locaux, c’est la colère et l’indignation qui dominent.
Philippe Martin
Le projet de reprise en Scop aux côtés des salariés avait en effet bénéficié d’un soutien financier important de la part de la Région Centre-Val de Loire et de la Métropole d’Orléans. Le maire d’Orléans Serge Grouard s’est dit « furieux, parce que nous les collectivités locales, nous avons été prévenues le 27 novembre, il y a quelques jours, qu’il n’y avait pas d’offre sur la table, alors que le redressement judiciaire date du 1ᵉʳ octobre. On a perdu deux mois », a-t-il lancé. « A l’arrivée, il nous manque quatre millions d’euros pour boucler le tour de table ! ».

De son côté, François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, a exprimé sa colère et sa consternation : « En rejetant le projet de reprise en SCOP adossé au groupe Revive, défendu à un niveau exceptionnel par les Collectivités territoriales et l’État, alors que ce projet était le seul permettant la poursuite de l’activité industrielle et la préservation de la majorité des emplois sur les 2 sites de Saint-Ouen/Vendôme et Saint-Jean-de-la-Ruelle, la décision du Tribunal de Commerce de Nanterre porte un coup terrible à l’emploi de plus de 700 salariés à la veille de Noël et à la détermination de maintenir l’industrie sur notre territoire. »
« la décision du Tribunal de Commerce de Nanterre porte un coup terrible à l’emploi de plus de 700 salariés à la veille de Noël et à la détermination de maintenir l’industrie sur notre territoire. »
Et de poursuivre : « En rejetant le seul projet industriel, soutenu par une forte mobilisation publique, réactive et déterminée, la décision du Tribunal a pour effet de condamner tout avenir de la dernière entreprise française de fabrication de l’électroménager « made in France », de son savoir-faire et du maintien d’un appareil productif compétitif et innovant. Cette décision stoppe net l’espoir de sauvegarde d’un maximum des 700 emplois existants et met à mal tout un territoire. Plus largement elle incarne une forme de renoncement face à l’indispensable réindustrialisation ! »

Il faut dire que la Région Centre-Val de Loire avait connu récemment avec Duralex un exemple de réussite de reprise d’une entreprise par ses salariés sous forme de Scop,
« Au-delà du cas particulier de Brandt, cette décision fait perdre une opportunité majeure pour la réindustrialisation », a réagi la Confédération générale des Scop, « le modèle Scop s’impose pourtant comme une solution solide et éprouvée pour les reprises industrielles : ni revendable, ni délocalisable, il garantit l’ancrage territorial de l’activité et sécurise les investissements publics comme privés ; il renforce structurellement les fonds propres, orientant l’entreprise vers la stabilité de long terme et son fonctionnement démocratique favorise l’implication des salariés. »
